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    Passage à l’heure d’été et rapport
    de nos ancêtres avec le temps
    (D’après « Illustrédu Petit Journal », paru en 1937)
     

     

     
    Pour la vingt et unième fois, écrit un chroniqueur du Petit Parisien en 1937, nous avons l’heure d’été. La réforme, en effet, date de 1916. Si, au début, elle rencontra quelques résistances, vite vaincues, d’ailleurs, en raison des économies qu’elle entraînait, elle est aujourd’hui acceptée comme un bienfait par la grande majorité de la population, ajoute-t-il avant d’en brosser la genèse, de s’appesantir sur la précision de l’heure au fil des siècles, et d’aborder la question des heures des repas.

    Le passage de l’heure d’hiver à l’heure d’été s’accomplit donc, chaque année, sans bouleverser nos habitudes et sans troubler notre vie, nous explique Jean Lecoq, du Petit Parisien. Mais lorsque, il y a vingt et un ans, en pleine guerre, la réforme fut proposée au Parlement, des protestations s’élevèrent ; et c’est au nom de la science que les plus graves furent formulées. Nos astronomes se dressaient contre ces parlementaires qui se permettaient — sans les consulter — de mettre des bâtons dans les roues du char du soleil.


    Or, la réforme, bien que tardivement accomplie cette première année — du 15 juin au 1er octobre — entraîna, à Paris, une diminution importante de l’éclairage public et privé et, par conséquent, une sensible économie de charbon. La direction des inventions intéressant la Défense nationale estima qu’en ces trois mois et demi, pour toute la France, l’économie de charbon avait dû être de 300 000 tonnes, valant 30 millions de francs. Ces chiffres ne manquaient pas d’éloquence. Ils donnent une idée de ce qu’ont pu être depuiDonner ainsi un coup de pouce d’une heure à nos pendules leur paraissait un acte tout à fait inconsidéré. Tout au moins, disaient certains d’entre eux, devrait-on, comme le faisaient jadis les Babyloniens, avancer méthodiquement les horloges de trente secondes par jour entre le solstice d’hiver et le solstice d’été... Oui, mais les Babyloniens avaient, sans doute, du temps à perdre et de la patience à revendre. Nous sommes, « au jour d’aujourd’hui », comme dit l’autre, moins scrupuleux à l’égard de la science, et plus pressés. Au surplus, en 1916, l’état de guerre excusait tout. Et la science pouvait bien souffrir quelques atteintes s’il en résultait des économies nécessaires.

    s vingt ans l

    Changement d'heure

    Or il est curieux de signaler qu’il y a cent cinquante-trois ans déjà qu’un homme de génie eut l’idée de préconiser, pour l’été, cette économie de la lumière artificielle, et de conseiller aux Parisiens de régler leur vie sur la lumière du jour. Cet homme n’était autre que le bonhomme Franklin. Le 26 avril 1744, le Journal de Paris, alors l’unique quotidien de la capitale, publiait une lettre signée : « Un abonné ». Franklin en était l’auteur. Il racontait qu’étant rentré chez lui à trois heures du matin, après une soirée passée chez des amis, il s’était couché et n’avait pas tardé à se réveiller au bruit que des voisins faisaient au-dessus de sa tête.

    « Je fus étonné, disait-il dans cette lettre, de voir ma chambre très éclairée, et j’imaginai d’abord qu’on y avait allumé une douzaine de lampes ; mais, en me frottant les yeux, je reconnus que la lumière entrait par les fenêtres, mon domestique ayant oublié de fermer les volets, et le soleil s’élevait à ce moment même des bords de l’horizon. Je regardai mes montres, qui sont fort bonnes, et je vis qu’il n’était que six heures. Trouvant extraordinaire que le soleil se levât si tôt, j’allai consulter l’almanach et j’y lus que cet astre continuerait de se lever tous les jours plus matin jusqu’à la fin de juin.

    Changement d'heure

    « Ceci m’a suggéré plusieurs réflexions sérieuses, poursuivait Franklin. J’ai considéré que, sans l’accident qui a abrégé aujourd’hui mon sommeil, j’aurais dormi six ou sept heures de plus ; et que beaucoup de personnes font chaque jour de même. Supposons qu’il y ait dans Paris cent mille familles dont chacune consomme une demi-livre de bougie par heure : cette consommation se prolonge pendant six mois, avec une moyenne journalière de sept heures, ce qui représente, pour les cent mille familles de Paris seulement et pour les 128 millions d’heures de consommation, 64 050 000 livres pesant de cire, au prix moyen de trente sous la livre, une dépense annuelle de 96 075 000 livres tournois. Quelle découverte et quelle économie, s’écriait Franklin, si l’on persuadait aux Parisiens de vivre uniquement l’été à la lumière du jour !... Mais comment les convaincre ? »

    es économies réalisées grâce à l’adoption définitive de l’heure d’été.

    Changement d'heure

     

    Et le Bonhomme proposait trois moyens : « 1° Mettre une taxe d’un louis sur chaque fenêtre qui aura des volets empêchant la lumière d’entrer dans les appartements aussitôt que le soleil est sur l’horizon ; 2° Etablir pour la consommation de la cire et de la chandelle une loi salutaire de police afin de diminuer cette consommation ; placer des gardes aux boutiques des ciriers, et ne permettre à chaque famille que l’achat d’une livre par semaine ; 3° Faire sonner toutes les cloches des églises au lever du soleil, et, si cela ne suffit pas, faire tirer un coup de canon dans chaque rue pour ouvrir les yeux des paresseux sur leur véritable intérêt ».

    Telle était la proposition de Franklin. Inutile d’ajouter qu’elle n’eut aucun succès. On la considéra comme un badinage, et les pouvoirs publics se gardèrent de la prendre au sérieux. Les Parisiens de 1744 demeurèrent tout à fait indifférents, et ne virent pas le côté intéressant de la réforme préconisée par le Bonhomme. Félicitons-nous qu’il n’en ait pas été de même des Parisiens de 1916 quand le changement d’heure fut proposé, se félicite le chroniqueur du Petit Parisien qui ajoute que quoi qu’en disent les louangeurs du temps passé, nous sommes quelquefois plus sages que nos aïeux.

    Le souci de la précision de l’heure est un souci tout moderne. Les anciens ne l’avaient guère. A Rome, le jour était bien divisé en douze parties, mais les heures d’été étaient plus longues que les heures d’hiver, attendu que le jour, en été, est plus long qu’en hiver. C’est des Romains que nous vient la division du jour en quatre parties de trois heures chacune : prime, tierce, sexte, none, division qui nous a été conservée par la liturgie. Sans remonter bien loin, chez nous, on trouve une véritable anarchie dans la réglementation de l’heure. Les montres de nos pères étaient bien jolies, mais elles marchaient au bonheur.

     

    On sait que les beaux seigneurs du XVIIIe siècle avaient coutume d’en porter deux, une dans chacun de leurs goussets, tenues par la même chaîne. Un auteur de mémoires du temps raconte qu’un gentilhomme tirant un jour les siennes un peu brusquement, les fit choir toutes deux, et s’écria : « Voilà la première fois qu’elles tombent d’accord. » Quant aux horloges publiques, elles marchaient autrefois en dépit du bon sens. Comme elles étaient réglées sur le temps vrai, c’est-à-dire sur le passage du soleil au méridien, il eût fallu régulièrement les modifier tous les jours. On se contentait de les mettre à l’heure toutes les semaines ; et l’opération se faisait de telle façon qu’au dire de François Arago, « on entendait souvent la même heure sonnée par différentes horloges pendant une demi-heure. »

     



    En 1816, enfin, le préfet de la Seine, M. de Chabrol, pour remédier à cet inconvénient, institua une heure moyenne. Mais il ne se décida à accomplir cette réforme qu’après de longues hésitations. Il avait peur que la population ouvrière s’insurgeât quand elle constaterait que midi n’était plus au milieu de la journée. La population ouvrière, d’ailleurs, accepta fort bien la réforme ; elle n’eut même pas l’air de s’en apercevoir. De même, depuis vingt ans, poursuit notre chroniqueur, la réforme de l’heure d’été a été acceptée sans murmure. On se lève, on se met à table, on se couche une heure pus tôt, et cela, du jour au lendemain sans presque s’en rendre compte. Il serait à souhaiter que toutes les lois nouvelles ne troublassent pas plus la vie sociale que ne l’a troublée celle-ci.

    Dans les temps modernes on constate chez tous les peuples, et surtout dans les grandes villes, une tendance à retarder de plus en plus l’heure du coucher. Du même coup, se trouve retardée l’heure du lever, et l’on en arrive ainsi à faire de la nuit, le jour, et du jour la nuit. Nos ancêtres, de ce point de vue, étaient plus raisonnables. Les chroniqueurs nous racontent que le bon roi Louis XII se levait entre six et sept heures, déjeunait à dix et soupait entre trois et quatre heures. Après quoi il allait faire une petite partie de chasse, afin de digérer son repas. Dans une lettre écrite en l’an 1510, par un de ses familiers, nous lisons ceci : « Après souper, environ quatre et cinq, nous allâmes avec le Roy chasser au parc. »

     

     
     
     
    Pour la vingt et unième fois, écrit un chroniqueur du Petit Parisien en 1937, nous avons l’heure d’été. La réforme, en effet, date de 1916. Si, au début, elle rencontra quelques résistances, vite vaincues, d’ailleurs, en raison des économies qu’elle entraînait, elle est aujourd’hui acceptée comme un bienfait par la grande majorité de la population, ajoute-t-il avant d’en brosser la genèse, de s’appesantir sur la précision de l’heure au fil des siècles, et d’aborder la question des heures des repas.

    Le passage de l’heure d’hiver à l’heure d’été s’accomplit donc, chaque année, sans bouleverser nos habitudes et sans troubler notre vie, nous explique Jean Lecoq, du Petit Parisien. Mais lorsque, il y a vingt et un ans, en pleine guerre, la réforme fut proposée au Parlement, des protestations s’élevèrent ; et c’est au nom de la science que les plus graves furent formulées. Nos astronomes se dressaient contre ces parlementaires qui se permettaient — sans les consulter — de mettre des bâtons dans les roues du char du soleil.

    Donner ainsi un coup de pouce d’une heure à nos pendules leur paraissait un acte tout à fait inconsidéré. Tout au moins, disaient certains d’entre eux, devrait-on, comme le faisaient jadis les Babyloniens, avancer méthodiquement les horloges de trente secondes par jour entre le solstice d’hiver et le solstice d’été... Oui, mais les Babyloniens avaient, sans doute, du temps à perdre et de la patience à revendre. Nous sommes, « au jour d’aujourd’hui », comme dit l’autre, moins scrupuleux à l’égard de la science, et plus pressés. Au surplus, en 1916, l’état de guerre excusait tout. Et la science pouvait bien souffrir quelques atteintes s’il en résultait des économies nécessaires.

    Or, la réforme, bien que tardivement accomplie cette première année — du 15 juin au 1er octobre — entraîna, à Paris, une diminution importante de l’éclairage public et privé et, par conséquent, une sensible économie de charbon. La direction des inventions intéressant la Défense nationale estima qu’en ces trois mois et demi, pour toute la France, l’économie de charbon avait dû être de 300 000 tonnes, valant 30 millions de francs. Ces chiffres ne manquaient pas d’éloquence. Ils donnent une idée de ce qu’ont pu être depuis vingt ans les économies réalisées grâce à l’adoption définitive de l’heure d’été.

    Or il est curieux de signaler qu’il y a cent cinquante-trois ans déjà qu’un homme de génie eut l’idée de préconiser, pour l’été, cette économie de la lumière artificielle, et de conseiller aux Parisiens de régler leur vie sur la lumière du jour. Cet homme n’était autre que le bonhomme Franklin. Le 26 avril 1744, le Journal de Paris, alors l’unique quotidien de la capitale, publiait une lettre signée : « Un abonné ». Franklin en était l’auteur. Il racontait qu’étant rentré chez lui à trois heures du matin, après une soirée passée chez des amis, il s’était couché et n’avait pas tardé à se réveiller au bruit que des voisins faisaient au-dessus de sa tête.

    « Je fus étonné, disait-il dans cette lettre, de voir ma chambre très éclairée, et j’imaginai d’abord qu’on y avait allumé une douzaine de lampes ; mais, en me frottant les yeux, je reconnus que la lumière entrait par les fenêtres, mon domestique ayant oublié de fermer les volets, et le soleil s’élevait à ce moment même des bords de l’horizon. Je regardai mes montres, qui sont fort bonnes, et je vis qu’il n’était que six heures. Trouvant extraordinaire que le soleil se levât si tôt, j’allai consulter l’almanach et j’y lus que cet astre continuerait de se lever tous les jours plus matin jusqu’à la fin de juin.

    « Ceci m’a suggéré plusieurs réflexions sérieuses, poursuivait Franklin. J’ai considéré que, sans l’accident qui a abrégé aujourd’hui mon sommeil, j’aurais dormi six ou sept heures de plus ; et que beaucoup de personnes font chaque jour de même. Supposons qu’il y ait dans Paris cent mille familles dont chacune consomme une demi-livre de bougie par heure : cette consommation se prolonge pendant six mois, avec une moyenne journalière de sept heures, ce qui représente, pour les cent mille familles de Paris seulement et pour les 128 millions d’heures de consommation, 64 050 000 livres pesant de cire, au prix moyen de trente sous la livre, une dépense annuelle de 96 075 000 livres tournois. Quelle découverte et quelle économie, s’écriait Franklin, si l’on persuadait aux Parisiens de vivre uniquement l’été à la lumière du jour !... Mais comment les convaincre ? »

    Et le Bonhomme proposait trois moyens : « 1° Mettre une taxe d’un louis sur chaque fenêtre qui aura des volets empêchant la lumière d’entrer dans les appartements aussitôt que le soleil est sur l’horizon ; 2° Etablir pour la consommation de la cire et de la chandelle une loi salutaire de police afin de diminuer cette consommation ; placer des gardes aux boutiques des ciriers, et ne permettre à chaque famille que l’achat d’une livre par semaine ; 3° Faire sonner toutes les cloches des églises au lever du soleil, et, si cela ne suffit pas, faire tirer un coup de canon dans chaque rue pour ouvrir les yeux des paresseux sur leur véritable intérêt ».

    Telle était la proposition de Franklin. Inutile d’ajouter qu’elle n’eut aucun succès. On la considéra comme un badinage, et les pouvoirs publics se gardèrent de la prendre au sérieux. Les Parisiens de 1744 demeurèrent tout à fait indifférents, et ne virent pas le côté intéressant de la réforme préconisée par le Bonhomme. Félicitons-nous qu’il n’en ait pas été de même des Parisiens de 1916 quand le changement d’heure fut proposé, se félicite le chroniqueur du Petit Parisien qui ajoute que quoi qu’en disent les louangeurs du temps passé, nous sommes quelquefois plus sages que nos aïeux.

    Le souci de la précision de l’heure est un souci tout moderne. Les anciens ne l’avaient guère. A Rome, le jour était bien divisé en douze parties, mais les heures d’été étaient plus longues que les heures d’hiver, attendu que le jour, en été, est plus long qu’en hiver. C’est des Romains que nous vient la division du jour en quatre parties de trois heures chacune : prime, tierce, sexte, none, division qui nous a été conservée par la liturgie. Sans remonter bien loin, chez nous, on trouve une véritable anarchie dans la réglementation de l’heure. Les montres de nos pères étaient bien jolies, mais elles marchaient au bonheur.

    On sait que les beaux seigneurs du XVIIIe siècle avaient coutume d’en porter deux, une dans chacun de leurs goussets, tenues par la même chaîne. Un auteur de mémoires du temps raconte qu’un gentilhomme tirant un jour les siennes un peu brusquement, les fit choir toutes deux, et s’écria : « Voilà la première fois qu’elles tombent d’accord. » Quant aux horloges publiques, elles marchaient autrefois en dépit du bon sens. Comme elles étaient réglées sur le temps vrai, c’est-à-dire sur le passage du soleil au méridien, il eût fallu régulièrement les modifier tous les jours. On se contentait de les mettre à l’heure toutes les semaines ; et l’opération se faisait de telle façon qu’au dire de François Arago, « on entendait souvent la même heure sonnée par différentes horloges pendant une demi-heure. »

    En 1816, enfin, le préfet de la Seine, M. de Chabrol, pour remédier à cet inconvénient, institua une heure moyenne. Mais il ne se décida à accomplir cette réforme qu’après de longues hésitations. Il avait peur que la population ouvrière s’insurgeât quand elle constaterait que midi n’était plus au milieu de la journée. La population ouvrière, d’ailleurs, accepta fort bien la réforme ; elle n’eut même pas l’air de s’en apercevoir. De même, depuis vingt ans, poursuit notre chroniqueur, la réforme de l’heure d’été a été acceptée sans murmure. On se lève, on se met à table, on se couche une heure pus tôt, et cela, du jour au lendemain sans presque s’en rendre compte. Il serait à souhaiter que toutes les lois nouvelles ne troublassent pas plus la vie sociale que ne l’a troublée celle-ci.

    Dans les temps modernes on constate chez tous les peuples, et surtout dans les grandes villes, une tendance à retarder de plus en plus l’heure du coucher. Du même coup, se trouve retardée l’heure du lever, et l’on en arrive ainsi à faire de la nuit, le jour, et du jour la nuit. Nos ancêtres, de ce point de vue, étaient plus raisonnables. Les chroniqueurs nous racontent que le bon roi Louis XII se levait entre six et sept heures, déjeunait à dix et soupait entre trois et quatre heures. Après quoi il allait faire une petite partie de chasse, afin de digérer son repas. Dans une lettre écrite en l’an 1510, par un de ses familiers, nous lisons ceci : « Après souper, environ quatre et cinq, nous allâmes avec le Roy chasser au parc. »

    Puis, la promenade ou la partie de chasse terminée, le roi rentrait au palais et se couchait bien sagement entre sept et huit heures. Il devait à ce régime sa belle santé. Mais voilà que, sur ses vieux jours, il eut l’idée de prendre pour épouse la princesse Marie d’Angleterre, laquelle était beaucoup plus jeune que lui. Et la nouvelle reine bouleversa toutes les habitude de son vieux mari. Elle retarda l’heure des repas, entraîna le roi à se coucher plus tard que de coutume, si bien qu’après quelques mois de cette existence le pauvre souverain périt de fièvre et d’épuisement.

    Sous le règne suivant — celui de François Ier — on soupait à six heures. Après ce repas, les gens aisés allaient faire une petite promenade, puis chacun rentrait chez soi. Les portes des maisons se fermaient de bonne heure, au signal du couvre-feu, lequel, nous dit Villon, était donné chaque soir par

    La cloche de Sorbonne
    Qui toujours à neuf heures sonne.

    Tel était encore l’usage sous Henri IV, c’est-à-dire au commencement du XVIIe siècle. Sully, dans ses Mémoires, se charge de nous apprendre quel était alors le genre de vie de tout homme grave et mesuré dans sa conduite. Il raconte qu’il dînait à onze heures après avoir présidé le Conseil d’Etat et travaillé deux heures avec le roi. Il soupait à six heures. « Depuis ce moment, dit-il, jusqu’à l’heure du coucher, qui était toujours pour moi à dix heures, il n’était pas fait mention d’affaires, mais de dissipation, de joie et d’effusion de cœur, avec un petit nombre d’amis de bonne et surtout d’agréable compagnie. »

    La vie de Sully, vous le voyez, était à peu près réglée suivant les préceptes du vieux proverbe qu’a cité Rabelais :

    Lever à six, dîner à dix
    Souper à six, coucher à dix
    Fait vivre l’homme dix fois dix.

    A cette époque, il n’y a plus guère que les petits bourgeois et les provinciaux qui dînent à dix heures. Les gens du beau monde traînent à onze heures. Mathurin Régnier, dans sa Xe satire, nous montre un valet faisant remarquer à son maître :

    Qu’il est midi sonné
    Et qu’au logis du roi tout le monde a dîné.

    Sous Louis XIV, on dîne à midi. Rappelez-vous le vers de Boileau dans la satire du Repas ridicule : « J’y cours, midi sonnant au sortir de la messe ». Une expression qui désigne les parasites nous apporte une autre preuve du dîner à midi. On appelle ces « escornifleurs » des « chercheurs de midi ».

    Mais, bientôt, comme le roi lui-même dîne à midi, les beaux seigneurs qui viennent assister à son couvert et lui faire leur cour pendant le repas, sont obligés de dîner une heure plus tard. Ainsi, le dîner est reculé jusqu’à une heure. Quant à l’heure du souper c’est toujours six heures. Et voilà les folies qui commencent. On prend, à chaque époque, dans le monde et à la Cour, l’habitude d’un nouveau repas, un repas gras qui se fait à minuit. On appelle cela « faire médianoche ».

     

    Au commencement du XVIIIe siècle, la coutume de dîner à une heure était généralement établie chez les gens de qualité. Mais, insensiblement, pour la commodité des gens d’affaires et pour favoriser la paresse et la toilette des dames, on retarda jusqu’à deux heures. Vers 1780, tout le monde dîne à trois heures. Mercier, dans son Tableau de Paris, fait cette remarque : « A trois heures on voit peu de monde dans les rues, parce que chacun dîne. » Il nous dit encore que le souper commençait vers 9h30 et ne s’achevait pas avant 11h30.

    A ce moment, un changement dans les habitudes administratives amena une véritable révolution dans les heures des repas. Les administrations publiques ayant décidé que leurs employés feraient une seule séance par jour, de 9 heures du matin à 4 heures de l’après-midi, les heures des repas subirent de ce fait des modifications auxquelles la généralité de la population se conforma. On dîna à 4 heures, à 5 et même à 6 heures. Les spectacles commencèrent à 7 heures et finirent à 11. Le déjeuner se fit à l’heure où se faisait autrefois le dîner ; et le dîner à l’heure du souper. Quant au souper, il disparut chez les gens de mœurs paisibles, et fut pour les autres, un retouche au « médianoche » d’antan. Et dès lors la vie nocturne prit dans les grandes villes, les proportions que l’on sait.

     

    Changement d'heure

     

    source:  https://www.france-pittoresque.com/spip.php?article7534


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    Histoire du mois d’octobre

     

    Ce mois est ainsi appelé parce qu’il était le huitième mois de l’année dans le calendrier de Romulus ; et quoiqu’il soit devenu le dixième dans celui de Numa, et qu’il le soit encore dans le nôtre, il a conservé ce nom, que les empereurs et le sénat romain ont souvent voulu changer.

    Dans les premiers jours de ce mois, les Egyptiens célébraient une fête qu’ils appelaient la fête du bâton du soleil, supposant, dit-on, que cet astre avait besoin de soutien après l’équinoxe d’automne. C’est aussi dans ce mois que se célébraient à Athènes les Thesmophories, en l’honneur de Cérès.

    Sept batailles mémorables ont eu lieu dans le cours d’octobre :

    - La première est celle de Salamine, qui délivra la Grèce et sauva la civilisation ;

    - la deuxième et la troisième sont celles d’Issus et d’Arbelles, qui assurèrent à Alexandre la conquête de l’Asie ;

    - la quatrième est celles de Philippes, où périrent en quelque sorte les derniers des Romains, et avec eux la république romaine ;

    - la cinquième est celle que livra Constantin sur les bords du Tibre et presque aux portes de Rome : cette victoire le rendit seul maître de l’empire romain, et l’on sait l’influence qu’elle opéra en faveur de la propagation du christianisme ;

    - la sixième est la bataille de Lépante, qui délivra l’Europe des Turcs ;

    - enfin la septième est la bataille d’Iéna, gagnée par l’empereur Napoléon sur le roi de Prusse et le duc de Brunswick.

     

    source : https://www.france-pittoresque.com/spip.php?article2589

     


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    Légendes et traditions de septembre

    Septembre marque le début des migrations des oiseaux.

    L'observation de ce phénomène permettrait d'ailleurs de prédire si le froid arrivera précocement ou tardivement, selon que le départ se produit tôt ou tard pendant la saison d'automne.

    Les prédictions sur la rigueur de l'hiver peuvent également être effectuées à partir de l'observation des animaux familiers (l'épaisseur de la fourrure du chat ou de l'orientation du terrier du hérisson), 

    ou celle des végétaux (les oignons revêtus de trois pelures sont le signe d'un hiver très froid).

     

    Dans le Périgord, le 21 sep. de chaque année, les habitants se rendaient sur les lieux de nombreuses fontaines miraculeuses pour en boire les eaux bienfaisantes, cette dévotion était aussi l'occasion de festins, de danses et de divertissements variés

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    source : http://marieandree.centerblog.net/rub-lettre-c-citationdictonephemeridejour--2.html

     


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  • Le rituel aux morts


    Tags : monde
    Le rituel aux morts

    Ma'nene: Le rituel aux morts le plus impressionnant du monde.

    Les cultures, les droits, les habitudes diffèrent en fonction des zones géographiques et des traditions. Les hindous par exemple pour leur rituel aux morts choisissent en général l'incinération sous prétexte que l'âme pourra se réincarner aussitôt que possible. Aujourd'hui, il s'agira de rencontrer la culture d'un village se trouvant en Indonésie du nom de Toraja. Un rituel qu'on appelle Ma'nene y est pratiqué et concerne leur rituel pour les morts. Dans ce village, la tradition veut que les morts ne soient pas enterrés dans la terre, et ils changent régulièrement leurs vêtements. Choquant pour certains, c'est sur, mais pas pour ses personnes qui en le faisant montrent un signe de respect et d'affection envers ces morts

     

    source : http://fandeloup.centerblog.net/rub-civilisations--2.html

     

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    kenya

    Au Kenya, le village Umoja est interdit aux hommes

    Au Kenya, un groupe de femmes répudiées par leur communauté a bâti un village du nom d'Umoja. Seuls les femmes et les enfants y sont admis.

    Le village prospère depuis maintenant 20 ans, mais se trouve régulièrement menacé par les hommes des villages alentour, jaloux de voir leurs femmes se débrouiller par elles-mêmes. Dans le nord du Kenya, à environ 380 kilomètres de la capitale Nairobi, se trouve le village d'Umoja.

    Sa particularité : il n'est habité que par des femmes. Les hommes y sont strictement interdits depuis sa création. Celle-ci remonte à 1991, année où un groupe de femmes issues de la communauté Samburu ont décidé de s'unir et de bâtir leur propre village, pour se protéger des agressions.

    En swahili, "Umoja" signifie "unité". Leur histoire est tragique. Violées par des soldats britanniques, elles ont été considérées comme déshonorées, et ont été répudiées et battues par leur mari, avant d'être rejetées par leur communauté.

    47 femmes et 200 enfants "Dans la communauté Samburu, c’est toujours la femme qui travaille beaucoup. Elle se réveille tôt, vers 3 heures, elle travaille toute la journée et se couche tard vers 23 heures.

    L’homme, lui, dort quand il veut et autant qu’il veut. A son réveil, il réclame son petit déjeuner, sort éventuellement le bétail de l’enclos et va dormir sous un arbre", a confié l'une des femmes dans le documentaire "Umoja, le village interdit aux hommes", réalisé en 2008.

    A la tête de cette communauté de 47 femmes et 200 enfants, se trouve Rebecca Lolosoli, une vraie femme de poigne. Elle a eu l'idée d'un village composé exclusivement de femmes alors qu'elle était soignée à l'hôpital. Plusieurs hommes l'avaient battue parce qu'elle avait osé parler des droits de la femme dans son village.

    Aujourd'hui encore, elle reçoit des dizaines de menaces de mort. Des guerriers Masaïs pour protéger le village Car les hommes des villages alentour ne manquent pas une occasion de laisser s'exprimer leur fureur.

    La communauté Samburu est profondément patriarcale et les hommes ne supportent pas de voir que leurs femmes prennent leur indépendance, les laissant se débrouiller seuls alors qu'ils n'ont jamais travaillé de leur vie.

    Régulièrement, des groupes tentent d'envahir Umoja, pour enlever, battre ou tuer les femmes qui y habitent. Une femme est morte en 2005 et des guerriers Masaïs ont été engagés pour protéger le village durant la nuit. Mais ce qui énerve surtout les hommes, encore plus que l'indépendance de leurs femmes, c'est que leur système économique fonctionne.

    Umoja est basé sur une démocratie 100% participative, en raison du nombre peu élevé d'habitantes. Grâce aux aides internationales, elles ont réussi à faire de l'éducation une priorité. Des écoles ont été construites et les mentalités commencent à changer, grâce à l'éducation apportée aux petits garçons.

    "Nous apprenons aux femmes à se respecter" Les traditions patriarcales ont été bannies du village : les petites filles ne sont pas excisées, et ne sont pas mariées de force à des hommes qui ont 3, 4, 5 fois leur âge.

    Le village est devenu un lieu de refuge pour les femmes qui cherchent à échapper à une vie de servitude. Les femmes d'Umoja ne sont pas à proprement parler des Amazones. Les relations sexuelles sont autorisées, mais doivent se dérouler à l'extérieur du village.

    Et même dans le domaine sexuel, l'éducation reste une priorité. "Nous apprenons aux femmes à se respecter, à respecter leurs corps, notamment pour se protéger du sida.

    Elles doivent comprendre qu’elle sont en droit de refuser un rapport sans devoir craindre d’être battues ou violées", affirme Rebecca Lolosoli. Pour l'instant, Umoja reste relativement méconnu au Kenya, et dans le monde en général.

    Mais la détermination de Rebecca Lolosoli a déjà fait beaucoup pour la cause des femmes en Afrique... Pour que les mentalités changent, il faudra cependant encore beaucoup de travail...

     

    source: http://fandeloup.centerblog.net/rub-civilisations--2.html

     

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