•  

    Expressions françaises

     
    Illustrations d'expressions françaises mettant en rapport les hommes et les animaux.
     

    Trouvé sur  4.bp.blogspot.com et sur divers sites du Net

     

    Illustrations d'autres expressions françaises 

    Trouvé sur  4.bp.blogspot.com et sur divers sites du Net

     

    Trouvé sur  4.bp.blogspot.com et sur divers sites du Net

     

    Trouvé sur  4.bp.blogspot.com et sur divers sites du Net

     

    Avoir quelqu'un dans le nez : Ne pas aimer, ne pas supporter quelqu'un.

    Trouvé sur  4.bp.blogspot.com et sur divers sites du Net

    Trouvé sur  4.bp.blogspot.com et sur divers sites du Net


    votre commentaire
  •  

    Joye (10.09.1999).  Je cherche à rédiger une liste d’expressions figuratives en français courant (des choses que vous avez vraiment l’habitude de dire) qui se servent des couleurs, comme : « avoir une peur bleue », « passer une nuit blanche ».

     extraits des diverses réponses :

    Daniel-François Carrodano, I (11.09.1999)

    Quand on a une peur bleue on est vert de rage, rouge de colère.

    Quand on fait le jaune on est un traître aux camarades syndiqués, on est un briseur de grève, un larbin du patronat, et si le jaune est la couleur des cocus, ce n’est pas un hasard.

    Moi, en ce moment j’ai des idées noires parce que je me suis laissé emporter par mon coté fleur bleue ; il vaut mieux les aimer toutes un peu, qu’une seule à la folie, c’est moins douloureux.

    Du coup, je connais des nuits blanches, en effet, et le jour où je l’ai connue ne sera pas à marquer d’une pierre blanche. Je ferme les yeux et le rose de l’émotion marbre mes joues... je me souviens... toutes les couleurs de l’arc-en-ciel défilent dans ma tête. 

    Je suis marron... j’ai perdu... je l’aime... Et je l’aime passionnément, pas comme dans les verts paradis des amours enfantines. Sans elle le quotidien ne serait grisaille, elle est ma lumière... elle était car je me suis brûlé les ailes à sa flamme. Je n’aspire plus qu’au noir de l’oubli.

    Un blanc-bec qui se livrait au blanchiment de l’argent sale, espère maintenant sortir blanchi du tribunal. Certes, avec un avocat marron tout est possible, mais ses actes n’étaient pas blanc-bleu.

    Un spécialiste du mariage blanc cet avocat, et qui plaide qu’un homme qui tire à blanc avec son épouse a le droit d’aller tirer un chèque en blanc à une péripatéticienne — au risque de fiche les finances du ménage dans le rouge. Ah, ça revient cher de se regarder dans le blanc des yeux !

    Vous prendrez bien un petit coup de rouge pour vous en remettre ? Ah non, vous ne voulez pas prendre la carte du parti ? Comme il vous plaira, mais inutile de broyer du noir, il faut voir la vie en rose.
    La vie est un ballet, tantôt ballet-bleu, tantôt ballet-rose, comme un long fleuve pas tranquille. Ne soyez pas en rage, à quoi bon être rouge de colère, vous avez franchi le rubicond, ou quoi ?

    Allez à la neige, l’or blanc des pistes vous fera du bien, ne pensez plus à vos actions en bourse, le cours de l’or noirfluctue et cela affecte votre moral, il y a de quoi rire jaune, je vous l’accorde.

    Vous me donnez le feu vert pour acheter ? Parfait, parfait, vous avez le don de prendre quelqu’un sans vert, vous, il n’y a pas à dire, d’ailleurs, le vert galant est plus vert que galant, c’est bien connu ; à trop jardiner le jardin secret des nymphettes, à s’imaginer avoir la main verte, il risque fort d’en voir de toutes les couleurs

     

    Clotilde Chaland, dite Clõ (11.09.1999).

    • Voir rouge.
    • Être vert de rage.
    • Être bleu de froid.
    • En rester bleu (stupéfait).
    • La bleusaille : jeune conscrit, ou débutant dans un métier.
    • Ventrebleu, palsembleu, corbleu, maugrebleu, parcorbleu, morbleu, par la sang bleu [palsambleu], sacrebleu, tubleu, vertubleu,... et autres jurons formés d’une altération volontaire de « nom de dieu », une sorte de juron qui n’ose pas en être un.
    • Verd et bleu : juron selon Rabelais.
    • De par le ventre bleu : juron des mousquetaires
    • (Se) faire le bleu : faire l’école buissonnière, sécher les cours.
    • Or bleu : richesse représentée par la mer et le tourisme qui y est lié.
    • Un blanc-bec : sans expérience, également m’as-tu-vu.
    • Être blanc comme neige.
    • C’est blanc bonnet et bonnet blanc.
    • Un cordon bleu (bon cuisinier/ère).
    • L’heure bleue (précède le lever du soleil)
    • Regarder quelqu’un dans le blanc des yeux.
    • Saigner à blanc (un contribuable)
    • La saison du blanc (allusion au linge de maison, en janvier en France)
    • Écrire de sa blanche main.
    • Il est sorti blanc de l’accusation.
    • Voix blanche (sans timbre).
    • Un film (un roman) à l’eau de rose : mièvre, sentimental
    • Un film, un roman, noir, humour noir
    • Être frais comme une rose : joli teint, air reposé.
    • Ce n’est pas tout rose : pas agréable
    • Découvrir les pot aux roses : découvrir le secret d’une affaire
    • Ne pas sentir la rose : sentir mauvais.
    • Messageries roses, téléphone rose : messagerie érotique
    • Voir la vie en rose.
    • Être sur liste rouge (n° de téléphone non inscrit dans l’annuaire)
    • Agiter le chiffon rouge : mettre sur le tapis un sujet polémique.
    • Les banlieues rouges, voter rouge (allusion au communisme)
    • Le péril jaune (cinq cent millions de petits Chinois et moi et moi et
    • moi... (dans une chanson de [Jacques Dutronc]
    • Être rouge comme une cerise, un coq, un coquelicot, une écrevisse, une pivoine, une tomate (émotion, colère, timidité)
    • Être dans le rouge (situation financière difficile) et sortir du rouge (situation bancaire améliorée)
    • Manger du pain rouge : vivre de meutres (trouvé dans les expressions propres à la boulangerie)
    • Broyer du noir
    • Avoir les doigts (la main) verts : réussir dans la culture des plantes.
    • Le billet vert : le dollar
    • Les petits hommes verts : les extraterrestres. Dans certaines régions les hommes verts vivraient comme des taupes, ne se mettant jamais au soleil.
    • En voir, ou en dire, des vertes et des pas mûres.
    • Les vertes années, un vieillard encore vert.
    • L’électorat vert (écologiste).
    • Mettre un animal au vert : le nourrir de produits frais, naturels.
    • Se mettre au vert : aller à la campagne, prendre des vacances.
    • C’est sa bête noire
    • Les blousons noirs
    • Manger son pain noir après avoir mangé son pain blanc.
    • Une rue noire de monde.
    • Il fait noir comme dans la gueule d’un loup.
      -* Travailler au noir (travail clandestin)
      -* C’est écrit noir sur blanc : incontestable
      -* Être dans le noir : ne rien comprendre.
      -* Voir tout en noir : être pessimiste
      -* Être gris, ou noir (suivant le degré d’alcoolémie...)
    • Une dame blanche : une fée
    • Fil rouge : fil conducteur d’une énigme, d’un jeu
    • Je crois qu’on dit aussi fil bleu, mais je n’en connais pas le sens
      exact.
      -* Dicton : les yeux bleus vont aux cieux, les yeux gris au paradis, les yeux verts en enfer, les yeux noirs au purgatoire. Yeux bleus : yeux d’amoureux. Yeux marrons : yeux de cochons.

     

    Dominique Didier (12.09.1999)

    (à propos de L’heure bleue évoquée par Clotilde Chaland) : un excellent film de Rohmer à comparer au Rayon vert.

    • bleu : hématome, vêtement de travail ouvrier, fromage (miam !), C.R.S. (euh... bof !)
    • sang-bleu : noble
    • bleuter : tromper (fam.), vient de faire un bleu
    • passer au bleu : escamoter (fam.), ne pas mentionner
    • bleu de Nanterre : policier
    • se faire avoir comme un bleu : comme un débutant
    • un bas-bleu : écrivaine (péj.)
    • le grand bleu : l’océan
    • les Bleus contre les Blancs
    • blanc-seing : procuration, absence de signature dans un document
    • bon comme du pain blanc (moi !)
    • innocent comme la blanche colombe (encore moi !)
    • ne pas être blanc : coupable
    • la blanquette de veau (miam !)
    • faire chou blanc : échouer
    • Blanche-Neige : insulte raciste
    • avoir la blancheur Persil : être totalement innocenté
    • ne pas être blanc-blanc
    • la blanche : l’héroïne (dont on blanchit l’argent)
    • l’or blanc : la neige (consulter les Savoyardes dauphinoises à l’occasion)
      -* cousu de fil blanc : fait avec de grosses astuces
    • une arme blanche
    • blanchir sous le harnais : acquérir de l’expérience
    • béjaune (bec jaune) : niais
    • un jaune : casseur de grève, fasciste
    • jaune : couleur des cocus
    • le maillot jaune
    • avoir le feu vert : être autorisé à
    • avoir carte blanche : être libre de
    • franchir la ligne blanche : dépasser les limites autorisées
    • la blanche : collection phare de Gallimard
    • l’or noir (Tintin au pays de)
    • la série noire (qui existait avant la collection)
    • noircir le tableau : montrer surtout les défauts
    • un pied-noir
    • grisé : excité, joyeux
    • le petit gris : escargot et membre d’une hhhhorrible congrégation religieuse intégriste
    • éminence grise : conseiller secret, homme de l’ombre
    • la grisaille de la foule, des jours qui raccourcissent
    • (À propos de « Messageries roses, téléphone rose : messagerie érotique ») Et les livres roses à ne pas confondre avec ceux de la Bibliothèque rose !
    • la rosière : jeune fille vierge (?) et méritante (!)
    • envoyer sur les roses : éconduire (gasp ! trop fréquent)
    • le bouton de rose : clitoris
    • la feuille de rose : cunnilingus
    • les rouges arrivent : ménorrhée
    • le rouge est mis : les jeux sont faits
    • le triangle rose, aussi sinistre que l’étoile jaune
    • la bête noire : personne ou chose détestée
    • acheter au noir ou au marché noir : de manière clandestine
    • petit noir : café
    • nègre : ghost-writer
    • le noir : l’opium
    • bosser comme un nègre : durement et sans relâche
    • parler petit-nègre : dans un français approximatif
    • faire comme le nègre : continuer (cf. Mac Mahon)
    • un combat de nègres dans un tunnel : très obscur (titre d’un tableau d’Alphonse Allais : Combat de nègres dans une cave durant la nuit)
    • être vert : trompé, dupé
    • un médecin, un avocat marron : malhonnête par rapport à leur profession
    • être marron, fait marron : pris sur le fait
    • recevoir un marron, secouer la poêle à marron : marron veut dire coup
    • les blousons dorés
    • un produit vert
    • une ambiance glauque (superbe détournement, l’adjectif veut dire vert tirant sur le bleu, ce que mes amis illustrent d’un geste de coveboi en train de dégainer)
    • une ceinture verte : périphérie boisée d’une ville
    • la ceinture rouge : le nord-est parisien
    • sans compter les différentes côtes (d’opale, d’azur, et de tant de matières plus précieuses les unes que les autres). Je range ma palette pour l’instant car je suis soudain constellé de taches de peinture.
    • Les hommes préfèrent les blondes, d’Anita Loos, Mais ils épousent les brunes, de la même.

    [Et Dominique de signer en un autre message de ce fil :] Le hussard noir qui manie la langue verte.

    Emmanuel Salesse (20.09.1999).

    • rire jaune
    • en voir de toutes les couleurs 
    • ..........
    • .............

    lire beaucoup plus sur : http://www.langue-fr.net/spip.php?article177


    votre commentaire
  • D'où vient le mot "basse-cour"?

    Basse-cour

    Le terme basse-cour (ou basse cour, selon la signification) a plusieurs sens, selon l'époque :

    La basse-cour à l'intérieur d'un château fort.

    Au sens propre et agricole, le terme basse-cour désigne l'élevage de petits animaux (poule, lapin, canard, etc.) dans la cour attenante à une habitation à la campagne.

    Au sens figuré, le terme basse-cour désignant la zone basse, donc inférieure, d'un lieu et, par métonymie, les personnes situées en bas (de la hiérarchie par exemple).

     

    lire plus sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Basse-cour


    votre commentaire
  •  

    Souci : trois genres de soucis, mais un seul souci !

    Un souci, des soucis. Et l’occasion d’un petit rappel sur l’histoire de la langue où le souci amoureux pouvait primer...Aujourd’hui, se soucier signifie « s’inquiéter, se mettre en peine de quelque chose, prendre intérêt à quelque chose » (Académie 1932-).

     

    Il y a souci et souci. En fait, il y a au moins trois genres de soucis (sans compter les nôtres) : le mot dérivé du verbe soucier, la fleur (homophone ayant une étymologie différente du précédent) et un papillon dit « soufré orange ».

    Mais si vous n’avez qu’un souci, n’en faites pas un pluriel inconsidéré. On rencontre hélas ! régulièrement la graphie erronée « un °soucis » (ce dont nous devrions évidemment nous soucier).

     De « se soucier » à « souci »

    Le verbe soucier a une ascendance en latin populaire qui en fait un cousin de solliciter. C’était d’abord (vers 1270) causer de l’inquiétude à quelqu’un. La forme pronominale, se soucier était donc l’équivalent de se tourmenter(s’inquiéter soi-même). Ce sens a disparu, mais se soucier de..., au sens de « prendre intérêt à quelque chose » était connu. À la Renaissance, l’expression a été utilisée « dans un contexte négatif ou restrictif », nous précise encore le très précieux Robert historique. Des expression comme s’en soucier comme de l’an quarante, de sa première chemise, comme d’une guigne sont attestées entre 1791 et le début du XXe siècle.

    Se soucier de quelqu’un signifiait au XVIIe siècle l’aimer. C’était joli, mais c’est sorti de l’usage. Il en est de même du verbe dérivé s’insoucier, connu encore au début du XIXe siècle, dont nous n’avons gardé qu’insouciant et insouciance... alors que la souciance (inquiétude), attestée en 1798, s’est évaporée. Mais on peut toujours se soucier de quelque chose.

    Le nom souci « désigne l’état de l’esprit absorbé par un objet et que cette préoccupation inquiète au trouble », indique le Robert historique qui précise que ; jusqu’au XVIIe siècle, c’était avec le sens de « préoccupation amoureuse » (on retrouve la cohérence, alors, avec se soucier de quelqu’un). Mais le mot désignait aussi, parallèlement, une inquiétude causée par les dangers ou les difficultés (vers 1260). De là nous vient se faire du souci pour quelqu’un.

    Le mot désignait aussi l’intérêt pour quelque chose (ou son absence) : le moindre (plus petit) de mes soucis, le cadet(et non l’aîné) de mes soucis, le dernier de mes soucis.

    Soucieux, avec plus de chance que d’autres dérivés, comme insouci, insoucieusement, est encore dans l’usage.

     Pas de souci ? Comment dire...

    Comme équivalent de Pas de problème !, on trouve Pas de souci !. Parfois, on peut dire J’ai un souci, j’ai des soucis comme on dit J’ai un problème, j’ai des problèmes. Le singulier peut avoir une valeur générale ; le pluriel peut avoir une valeur singulière.

    J’ai un souci, j’ai des soucis > je n’ai pas de souci/soucis. Il n’y a pas de souci(s). L’expression n’est pas des plus élégantes si elle est dans l’usage. Mais elle est d’un usage familier, relâché même.

    Comme les expressions en vogue, Y a pas de souci, après avoir été à la mode se démodera peut-être. Certes, personne ne peut savoir comment la langue évoluera sur le moyen ou le long terme, et les conversations courantes sont ce qu’elles sont. En revanche, dans un usage « soutenu » ou « surveillé », il vaut mieux en rester aux problèmes et aux difficultés... surtout s’il n’y en a pas ou plus.

    Et, en règle générale, cherchez plutôt à cultiver les soucis qui fleurissent que les soucis qui ennuient !

    Lien : Souci (Trésor de la langue française informatisé)

    source : http://www.langue-fr.net/spip.php?article318


    votre commentaire
  •  La petite glaneuse. Peinture de Christophe Degeorge (premier quart du XIXe siècle)
     
    Glaner, glaneur, glanure
    (Source : Académie française)
     
     
    Le verbe Glaner signifie « ramasser les épis de blé restés sur le champ après la moisson ». L’origine de ce verbe a longtemps fait débat.

    Jean Nicot écrit dans son Thresor de la langue françoise : « Aucuns estiment qu’il vient de ce mot latin, Glans, glandis, Parce que jadis le froment n’étant pas en usage, on vivoit de gland & que glaner est comme si on disoit Glander ou Glandéer, amasser du gland. » Mais il est aujourd’hui admis que ce verbe est issu d’un radical gaulois *glenn-, « cueillir ».

    Le glanage est une activité très ancienne. Sa pratique suppose de la part de ceux qui possèdent les terres une forme d’assistance envers les plus démunis. Aussi fut-elle, dès les temps les plus anciens, réglementée. On lit ainsi dans le Lévitique (19, 9 et 10) : « Tu ne glaneras pas ta moisson. Tu ne grappilleras pas ta vigne. Tu les abandonneras au pauvre et à l’étranger. » Et dans le Deutéronome (24, 19) : « Lorsque tu feras la moisson dans ton champ, si tu oublies une gerbe, ne reviens pas la chercher. Elle sera pour l’étranger, l’orphelin et la veuve. »

     

    Dans le haut Moyen Âge, la loi salique organisera, elle aussi, le glanage. On y lit : « Si quelqu’un a glané dans la moisson sur pied d’autrui, il sera condamné à 600 deniers. » Ce montant est important, il correspond en effet à l’amende dont on devait s’acquitter pour le meurtre d’une esclave dont on n’était pas propriétaire.

    Des coutumes locales ont aussi régi cette activité, en précisant que le glanage devait s’effectuer en plein jour, qu’il était interdit pendant les fêtes religieuses ou le repos dominical, sous peine d’amende.

    Le glanage sera de nouveau codifié par un édit d’Henri II, du 2 novembre 1554, qui s’ouvre par cette déclaration liminaire rappelant le Lévitique : « Combien que par les degrez de charité, l’homme ne puisse moins faire pour son prochain que de luy estre liberal de ce qui ne lui profite point et qui pourrait un peu profiter à autrui. » Le texte fait également obligation aux personnes valides, hommes ou femmes, de s’engager comme moissonneurs et leur interdit de glaner : « Ce que permettons, dit le texte, aux gens vieux, debilitez de membres, aux petits enfants ou aux autres personnes qui n’ont pouvoir ni force de scier. Les désobéissans et contrevenans à cetteordonnance, est-il écrit dans la conclusion, seront punis comme larrons. »

    L’édit ne mentionne pas explicitement les glaneuses. Cet oubli sera rattrapé par Le Grand Vocabulaire françois (1770), où l’on peut lire : « Ce sont ordinairement des femmes qui vont glaner les champs. » Ce point est confirmé par l’iconographie. Il n’est que de songer aux célèbres Glaneuses de François Millet, mais aussi au Rappel des glaneuses, de Jules Breton, ou aux Glaneuses de Chambaudoin, d’Edmond Hédouin. C’est également une glaneuse qu’évoque Victor Hugo dans Booz endormi : « Ce vieillard possédait des champs de blés et d’orge / […] Sa gerbe n’était point avare ni haineuse / Quand il voyait passer quelque pauvre glaneuse : / Laissez tomber exprès des épis, disait-il. »

    Rappelons que, comme de nombreux autres verbes liés à la cueillette ou au ramassage, les mots de la famille de glaner ont quitté les champs pour s’étendre à des termes abstraits ; c’est aussi le cas pour grappillage, qui a d’abord désigné le fait d’aller ramasser les grappes restées sur la vigne après la vendange. On glane des renseignements, on grappille quelques connaissances au fil de ses lectures, on recueille des informations.

    Les glaneuses. Peinture de Charles Le Blanc Bellevaux (dernier quart du XIXe siècle)
    Les glaneuses. Peinture de Charles Le Blanc Bellevaux (dernier quart du XIXe siècle)

     

    Ainsi La Bruyère écrit : « L’on ne fait que glaner après les anciens et les habiles d’entre les modernes. » Et Voltaire : « Les anecdotes sont un champ réservé où l’on glane après la vaste moisson de l’histoire. » De même, si la glanure désigne d’abord ce que l’on glane dans les champs, elle désigne aussi des notes et documents courts, glanés sur divers sujets. Ceux-ci peuvent ensuite être mis en gerbe dans un ouvrage ; c’est ce que fit Littré en publiant en 1880 ses « Études et glanures pour faire suite à l’Histoire de la langue française ».

    Notons pour conclure que cette activité, qui semblait sortie d’usage, se pratique de nouveau de nos jours, tant dans les champs que sur les marchés, et on rencontre maintenant le syntagme glaneur urbain. Agnès Varda en a fait naguère un film, Les Glaneurs et la Glaneuse, dans lequel on retrouve le sens concret et le sens figuré de glaneur.

     

    source : https://www.france-pittoresque.com/spip.php?article14787


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique