• Expressions d'un autre temps et leurs explications

     

    Je ne sais pas vous mais moi je passais toutes mes vacances avec mes
    grand-parents.
     

    Que ça soit à la campagne ou à la mer, j'avais toujours l'impression d'être dans un autre pays !

    Pourquoi ? Car tout était différent même la langue !

    Vous vous rappelez de certaines des expressions favorites de votre grand-mère ?

    Allez, on fait un petit tour dans le passé avec ces expressions que plus personne (ou presque) n'utilise. 

    1. Tu es fagoté comme un as de pique. 

    signification : Personne jugée mal habillée.

    origine : Au XVIIe siècle, l'expression désignait une personne chétive ou maigrichonne. Par la suite, elle a représenté une personne étrange ou bizarre. Aujourd'hui, elle est surtout utilisée pour critiquer un habillement ou un accoutrement de mauvais goût. Au tarot, l'as de pique est un mauvais présage.

     

    2. Tu risques de te casser la margoulette ! 

    signification : Choir sur le sol ; tomber en se faisant mal.

    origine : Cette expression se retrouve dans une œuvre de Gustave Flaubert dès 1864. A l'origine, le mot "margoulette" renvoyait à la bouche ou à la mâchoire. C'est par la suite que ce mot a pris le sens de "figure". Cependant, lorsque l'on dit "se casser la margoulette" on ne fait pas allusion uniquement au visage, mais à la personne en elle même.

     

    3. Ne te monte pas le bourrichon ! 

    signification : Dresser une personne contre une autre.

    origine: On doit l'origine de cette expression à Gustave Flaubert. En 1860, il emploie pour la première fois le mot "bourrichon". Autrefois, la "bourriche" désignait un panier sans anses qui servait à transporter le gibier, sa tête principalement. En argot, il est fréquent que la tête soit appelée "bourriche ou bourrichon". Par extension, l'expression est née. Au figuré, elle signifie donc exciter l'imagination d'une personne ou la dresser contre une autre.

     

    T'es pas en sucre ! 

    signification :  incapables d'affronter une adversité un peu dangereuse ou décoiffante.

    origine : Oh eh, ça va, t'es pas en sucre ! dit-on à ceux qu'on prend pour des branques incapables d'affronter une adversité un peu dangereuse ou décoiffante. Il en est qu'un saut dans la piscine peut rebuter, qu'une rencontre attendue angoisse, qu'une situation un peu violente anxiète (1) . Ce sont des gens fragiles. Et qui excèdent parfois les puissants, les balèzes, voire les gens comme vous et l'autre. C'est vrai que le sucre, ça fond dans la piscine, ça se casse facilement et ça s'effrite aisément.

     

    5. On va pas attendre jusqu'à la Saint-glinglin quand même ?ification : Dans longtemps, jusqu'à la fin des temps          

    origine :  Saint-Glinglin est un saint qui n'existe pas, d'ailleurs, "saint" est ici une déformation de "seing" qui signifiait autrefois "cloche" ou "sonnerie de cloche". "Glinglin" est tiré du verbe glinguer, signifiant "sonner".     

    signification : Glinglin signifie attendre une hypothétique sonnerie de cloche, qui ne vient jamais. 

                   

     6. Il n'y a pas le feu au lac !  

    signification: Cela ne sert à rien de se presser, on peut attendre.

    origine : Cette expression était à la base « il n'y a pas le feu » pour dire qu'il n'y a pas de raison de se presser. Ensuite le mot lac fut rajouté en référence au lac Léman pour se moquer des Suisses qui ont la réputation d'être lents.

     

    7. C'est kif-kif bourricot !  

    signification : C'est la même chose.

    origine : En arabe, le mot "kif" signifie "pareil". Cette expression semble avoir été importée en France au XIXe siècle par les soldats qui avaient été envoyés en Afrique du Nord.

     

    8. Je vais aller faire les commissions.  

    signification : faire les courses

    origine : Dans les années 60, quand on partait faire les courses,on disait qu'on allait faire les commissions. Et pour faire les commissions, les ménagères avait besoin d'un filet à provisions.

     

    9. Ça ne tombera pas plus bas ! 

    origine : non trouvée

    signification : On ne peut pas tomber plus bas que par terre.

     

    10. Il n'y a pas de petites économies.  

    origine : non trouvée

    explication : Aucune économie n'est négligeable. En effet, même si les montants engagés au jour le jour sont faibles, on obtient au final une somme importante.

     

    11. On n'est pas sortis de l'auberge. 

    origine : Il nous faut donc nous tourner vers l’argot et plus précisément celui des voleurs pour comprendre le sens de cette expression.
    En effet, dans ce monde-là, le terme auberge désigne la prison, ce lieu où le voleur trouve gîte et couvert, comme dans une auberge, une fois qu’il a été capturé et condamné.
    Autant dire qu’une fois qu’il y est enfermé, non seulement il est loin d’en avoir fini avec les ennuis de la captivité, promiscuité et sévices divers, entre autres, mais il aura beaucoup de mal à en sortir de son propre chef.

    explication : Ne pas en avoir fini avec les difficultés ou les ennuis.

     

    12. N'en fais pas tout un fromage ! 

    origine : Cette expression date du XXe siècle.
    En partant de pas grand-chose (du lait) on peut arriver à obtenir quelque chose de très élaboré, nécessitant un savoir-faire certain (le fromage).

    explication : Faire toute une histoire pour pas grand-chose.
    Grossir à l'extrême une difficulté.

     

    13. Regarder une page de réclame. 

    origine: époque moderne, contemporaine  

    explication : La réclame désigne toute forme de publicité commerciale, ainsi nommée autrefois, c'est-à-dire avant l'émergence de la publicité moderne, censée être « plus rigoureuse et plus scientifique », mais dans le principe il n’y a aucune différence entre les deux mots . Sur des manuscrits ou des imprimés de l'Époque moderne la réclame correspond à la mention sur une page du premier mot de la page suivante.

     

    14. Ne mets pas la charrue avant les bœufs.

     origine: Cette expression date du XVIe siècle. Elle fait référence au repos du paysan qui démonte la charrue pour la mettre devant les bœufs, signifiant ainsi la fin du labeur. Réaliser ce geste le matin avant d'aller travailler serait faire preuve d'illogisme, les choses seraient faites dans le désordre.

    signification: Vouloir faire des choses trop vite et donc dans le désordre. 

     

    15. Il a pris la poudre d'escampette. 

    origine : L’"escampette" provient de "prendre l’escampe", lui-même certainement issu de l’occitan "escamper" qui signifiait "se sauver". De plus, l’expression sous entend également la notion de "poudre", que nos pieds soulèvent lorsque l’on s’enfuit.

    signification : S’enfuir.

     

    16. Il est beurré comme un Petit Lu ! 

    origine :  Afin de mieux comprendre cette expression française qui remonte au début du XXème siècle, il faudrait commencer par en définir tous les termes. L'adjectif beurré semble à priori une déformation linguistique de "bourré" qui fait plus allusion à un récipient rempli à ras le bord comparé à l'ivrogne rempli d'alcool. Une autre explication nous vient du milieu des imprimeurs qui définissent une page surchargée d'encre comme une page beurrée.
    L'allusion à la marque de biscuit Petit-Lu est faite par rapport à la quantité de beurre contenue dans ce biscuit plus communément appelé "petit beurre" car bourré de cet ingredient principal dans sa composition. De ce fait c'est la popularité de ce biscuit beurré avec un glissement de sens provoquant le passage vers "bourré" en plus d'une publicité tapageuse qui a accentué la notoriété de ce biscuit pour faire d'un homme complétement ivre, "un beurré comme un petit lu"

    signification : Personne totalement ivre.

     

    17. Elle a vu le loup ! 

     

     

    origine : Le sens actuel de l'expression date du début du XVIIIe siècle. Elle fait référence à la chasse au loup, qui est une pratique dangereuse, et donc qui nécessite une certaine expérience. Ainsi, quand la jeune fille a des relations sexuelles, cela a une connotation dangereuse. Mais après avoir eu ses rapports sexuels, on pourra dire qu'elle a une certaine expérience.

     

    signification : Avoir entretenu des relations sexuelles, concernant une jeune fille.

     

    18. Faire une tête de six pieds de long.  

    origine: non trouvée

    signification : bouder, faire la tête, être fâché.

     

    19. On n'est pas aux pièces. 

    origine: Cette expression remonte au XIXème siècle. En effet, à l'époque certains ouvriers étaient payés en fonction du nombre de pièces qu'ils produisaient. Ainsi, celui qui était "aux pièces" était celui qui produisait beaucoup de pièces. Aujourd'hui être "aux pièces" signifie être pressé.

    signification : Prendre son temps, ne pas hâter les choses.

     

    20. Ça ne fait pas un pli.  

     

     

    origine: Cette expression date du XVIIe siècle. Il s'agit d'une métaphore qui fait allusion aux plis d'un pantalon. Lorsque celui-ci est de bonne qualité, il n'en présente aucun, il est parfait, tout comme une personne qui n'émet aucune contradiction, et ne pose aucune difficulté.

     

     

    signification : Ne pas poser de problème.

     

    21. Tu files un mauvais coton. 

    origine: Dans le domaine du tissage, on disait au XVIIIe siècle qu'un tissu "jetait du coton" lorsqu'il commençait à boulocher et donc, qu'il allait bientôt être usé. L'expression s'est ensuite transformée en "jeter un mauvais coton", qui s'appliquait aux êtres humains et qui signifiait qu'ils avaient des ennuis de santé qui le menaçaient de mourir. C'est au XIXe siècle que l'expression est apparue sous sa forme actuelle "filer un mauvais coton", qui s'applique aussi bien à des ennuis de santé qu'à des ennuis financiers ou matériels pour figurer que ceux-ci risquent encore de s'aggraver.

    signification : Avoir des ennuis qui s'aggravent.

     

    22. Brûler la chandelle par les deux bouts.  

    origine:  Autrefois, les chandelles étaient le seul mode d'éclairage dont on disposait. Elles étaient en général fabriquées en suif, ou en cire pour les plus luxueuses. Quel que soit le matériau, elles étaient très coûteuses. L'expression "brûler la chandelle par les deux bouts" apparut au XVIe siècle et signifiait "gaspiller des choses qui ont de la valeur", en référence aux chandelles. Aujourd'hui, le sens n'a pas changé.

     signification : Gaspiller.

     

    23. Je t'ai payé rubis sur l’ongle. 

    origine: Cette expression date du XVIIe siècle. Le rubis, ici, est en fait le nom donné à la dernière goutte de vin lors de beuveries. Celle-ci était alors versée sur l'ongle, puis léchée. Au fil du temps, c'est devenu une métaphore pour dire « payer jusqu'au dernier centime ».

    signification : Payer en totalité.

     

    24. À la bonne franquette. 

    origine: Le mot "franquette" est tiré de "franc" d’origine normande et picarde. Au XVIIème siècle, on disait "à la franquette" qui signifiait "en toute franchise". Par la suite, cette franchise s’est transformée progressivement pour signifier simplicité. La forme actuelle de l’expression est apparue au XVIIIème siècle

    signification : Simplement, sans complications, sans chichi, comme à la maison.

     

    25. Parlons peu mais parlons bien. 

     Origine: Cette expression remonterait au VIIIème s. et serait passer ensuite dans la langue française.

     

    signification : Soignons bref mais efficace. Ce proverbe est utilisé à propos d’une affaire à traiter.

     

    26. Faut pas pousser Mémé dans les orties.       

    origine: Cette expression date du XXe siècle. Au départ, elle se réduisait à « faut pas pousser » puis a été rajouté « mémé dans les orties » pour l'accentuer. On imagine bien la scène où une dame âgée, précipitée dans ces plantes piquantes serait très agacée.   

    signification : S'adresse à une personne qui dépasse les limites.

     

    27. Cela ne fait ni une ni deux. 

    origine: non trouvée 

    signification : Ne pas hésiter, ne pas transiger, ne pas se montrer incertain, ne pas tâtonner. Décider, fixer, déterminer, trancher, choisir rapidement.  

     

    28. Péter plus haut que son cul. 

    origine: Cette expression date de 1640. Elle s'adresse aux personnes prétentieuses qui se croient au-dessus de tout le monde au point de ne pas évacuer leurs gaz intestinaux par l'endroit naturel, le derrière, mais par un emplacement plus élégant !.

    signification : Être prétentieux. 

     

    29. Pas la peine de chercher midi à 14h. 

    origine: On trouve cette expression dès le XVIème siècle où l’on disait "chercher midi à onze heures". Elle changera au XVIIème pour adopter la forme actuelle. Midi étant un point des plus importants et facilement reconnaissable, on dit "chercher midi à quatorze heures" pour signifier qu’une personne fait de quelque chose de simple quelque chose d’extrêmement compliqué.  

    signification : Faire d’une chose simple quelque chose de compliqué.

     

     30. Il a une descente que j'aimerais pas remonter à vélo. 

    origine: Une course cyclosportive se gagne rarement en descente, mais elle peut se perdre dans ce type d'exercice qui demande habilité, technique et expérience. Après avoir progressé en monté de col, il serait dommage de perdre du temps sur la partie qui nécessite moins de physique.

    signification : Il boit beaucoup

     

    MOI JE LES UTILISE ENCORE..... 


    Et vous ?


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    Connaissiez-vous l'origine de l'expression

    "Comment allez-vous ?" ?

    Selle à piquer

    L'expression remonte à l'Antiquité romaine. L'usage voulait que l'on s'enquière de la santé d'une connaissance lorsqu'on la rencontrait en lui disant : "Quomodo vales ?", "Comment vas-tu ?".
    "Antiques latrines d'Ostia - Italie

    Vales", du verbe "valere", signifiait "être bien portant".
    Or, ce que l'on entendait à l'époque par "être bien portant", concernait la régularité avec laquelle on allait à la selle ainsi que la consistance et la couleur des fèces qui étaient les indicateurs d'une bonne ou d'une mauvaise santé.
    Cette phrase sous-entendait donc : "Comment allez-vous à la selle ?".
    L'expression conserva tout son sens lorsqu'elle fut reprise en français, mais la fin de la phrase s'est perdue. On sait que dès l’antiquité d’extraordinaires qualités thérapeutiques sont attribuées à l’urine.

    Au Moyen-Âge, les médecins sont tout aussi attentifs au dégagement du ventre qu'aux urines et pratiquent les lavements à l'aide d'un clystère ; une abondante littérature en témoigne.
    Au XIIIe siècle, le mot "selle", du latin "sella" désignait un siège, plus précisément 
    Lipizzan, Johann Georg von Hamilton (1672 – 1737)l

    e "siège des artisans qui travaillent assis" ou le "siège des professeurs", mais également, la selle du cavalier. À," la fin du XIVe " la selle(au singulier) désigne les excréments.

    Plus tard, au XVe siècle, le mot devint synonyme de "chaise percée", siège sous lequel un pot était placé et que l'on appellera successivement "selle aisée", "selle nécessaire" puis "selle percée". La "garde-robe" désignait une pièce où se trouvait la chaise percée : "aller à garde-robe" se disait pour "aller à selles".

    Henri IV utilisait le terme de "chaise d'affaires". On prêtait de l'importance à connaître l'état des selles, les médecins croyant que les humeurs trahissaient l'état intérieur. Les selles étaient mirées quotidiennement par le médecin royal, qui examinait, sentait et goûtait éventuellement le contenu des chaises d'affaires, déclarant souvent qu'un "dérèglement de boyaux" pouvait être fatal.

    Louis XIV déjeunait, dînait et soupait souvent en public.
    Louis XIV par Hyacinthe Rigaud (1659-1743)

    Moyennant 60 000 écus voire 100 000 écus, un gentilhomme pouvait obtenir un "brevet d'affaires". Ce brevet octroyait à leurs détenteurs le privilège de rencontrer le roi Louis XIV sur sa chaise percée, occupé à se soulager. Le roi se mettait en cette situation plus par cérémonie que par nécessité.
    Un porte-chaise d'affaires pouvait acquérir sa charge au prix de 20 000 livres ; celle-ci était reprise à sa mort par son fils. Son rôle consistait à dissimuler les selles royales.
     

    La matinée du roi commençait ainsi :
    8h30 : Petite Entrée du médecin et du chirurgien ordinaire, de l’intendant et du contrôleur de l’argenterie, du premier valet de la garde-robe, puis "entrée d'affaires" des gentilshommes titulaires du "brevet d’affaires". Le roi s'installait sur sa "chaise d'affaire", le barbier achevait de le peigner et de lui ajuster sa perruque.
    (Sous Louis XV, les mœurs changèrent et le roi s'enfermait dans son "cabinet d'affaires".) 
    Pas moins de deux cents chaises d'affaires étaient réparties dans le château de Versailles.
    Au XVIIe siècle, les rares cabinets de toilettes publiques (Louvre, Versailles, etc.) étaient très encombrés ; les besoins se faisaient en commun,Chaise percée de Madame de Pompadour les discussions et confidences allant bon train, rythmées par les allées et venues. Mais tout le monde n'adoptait pas cette attitude publique.
    Pour autant, et contrairement à ce qui est souvent rapporté, on ne se soulageait pas systématiquement sous un escalier ou dans un endroit plus ou moins discret. Des porteurs mettaient à disposition des seaux pour assurer quelque commodité, moyennant une petite rétribution.

    Plus récemment, chez les militaires (principalement dans la légion), lorsqu'ils étaient en campagne ou à l’époque coloniale, les maladies tropicales et la dysentrie étaient très redoutées car elles étaient souvent mortelles. Ainsi, la question "Comment vas-tu ?" était devenue, par convention, "les urines sont-elles claires ?" ou encore "les selles sont-elles bonnes ?".

    N.B. Dans l'Antiquité, on aurait utilisé la chaise percée dans le déroulement de l'accouchement, notamment lors de la délivrance, pour faciliter l'expulsion du placenta sous l'effet de la pesanteur. Cette chaise était en usage au XVIe siècle.

     

    source : http://chercheursdeverites.e-monsite.com/blog/des-racines-et-des-lettres/comment-allez-vous.html

    Chaise d'accouchement alsacienne (XIXe siècle)

     source: http://chercheursdeverites.e-monsite.com/blog/expressions/   


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    "Passer sous les fourches caudines"

    Connaissiez-vous l'origine de l'expression "Passer sous les fourches caudines" ?

    La bataille des Fourches Caudines Soldats samnites. Fresque lucanienne, Paestum, vers 320 av. J.-C..jElle signifie être contraint de subir une épreuve difficile et humiliante.

    Cette expression se réfère à une défaite romaine qui eut lieu en 321 avant J.-C. concluant une bataille opposant les Romains aux Samnites. Comme son nom l'indique, le Monts Picentini, Campanie - Italiethéâtre de la Bataille des Fourches Caudines (Furculae Caudinae) fut la Vallée des Fourches Caudines (Valle Caudina ou Stretta di Arpaia en italien). Située en Campanie - région de Naples -, cette vallée se présente sous forme de deux défilés montagneux, aux gorges profondes et étroites passant entre les rocs à pic des Apennins couverts de forêts sombres.Quercus (chêne)
    L'appellatif "Fourche" - "furca" en latin - est apparenté à "quercus", chêne et prend le sens de "bois solide" ; dans le toponyme Furcae Caudinae (les Fourches Caudines, près de Caudium), il prend le sens de "chênaie". Le mot "fourche" pourrait être une ancienne association avec la foudre qui frappe le chêne.
    Quant à l'adjectif "caudines", il se réfère à la cité de Caudium, située sur la Voie Appienne entre Capoue et Beneventum, à l'emplacement actuel de Montesarchio.
    À l'issue de cette bataille, les Romains, défaits, durent passer sous le joug samnite.

    Le joug
    Une tradition de l'armée romaine consistait à dresser un joug symbolique (jugum), sorte de portique bas improvisé construit à l’aide de trois lances, dont une était attachée horizontalement aux deux autres fichées verticalement en terre, et sous lequel le vainqueur faisait passer, en signe de soumission, d'abord les chefs puis, à leur suite, les officiers et les soldats de l'armée vaincue. Lors de cet épisode militaire des Fourches Caudines, ce fut le tour des Romains de goûter aux joies de leur invention en passant sous le joug dressé cette fois à leur intention par les Samnites. 

    Ainsi, l'expression "passer sous les fourches caudines" associe la toponymie et la topographie des lieux de cette bataille de Caudium à son issue jugulaire.

    Un peu d'histoire
    Les Samnites luttent contre les Romains qui veulent s'emparer de Naples. Vaincus, ils demandent la paix à Rome, mais le Sénat la leur refuse. Ils se promettent alors la mort Soldats samnites, frise, Paestum en Lucanie, IVe siècle av. J.-C.ou la vengeance. Ils élisent un nouveau général : Caius Pontius. Élaborant un stratagème destiné à faire tomber les Romains, ils reprennent les armes et se remettent en route. 
    Ils envoient dix soldats travestis en bergers, dont la mission est de propager une fausse information ; celle-ci arrive aux oreilles des Romains. Le stratagème fonctionne : l'armée de 40 000 soldats romains avec à sa tête les deux consuls Titus Veturius Calvinus et Spurius Postumius Albinus s'ébranle afin de porter secours à ses alliés les Lucériens sensés être attaqués par les Samnites.
    Les Romains choisissent le chemin le plus court : celui des Fourches Caudines. Ils s'avancent dans le défilé, mais la vallée est obstruée par des rocs, des arbres placés par les Samnites et leur armée conséquente qui les attend. La Stretta di Arpaia, Forchia - ItalieFaisant demi-tour, ils se rendent compte que la route est coupée : les collines sont couvertes de soldats.
    Les Romains furent contraints de capituler sans condition. Les deux consuls se rendent et leurs légions avec eux. C’est alors que le chef samnite Caius Pontius, décide de les humilier davantage : afin de regagner leur cité, les 40 000 Romains - consuls en premier - devront passer sous le joug des Samnites, mains liées dans le dos et se courbant en signe de soumission.​

    Dans son ouvrage "Histoire romaine", l'historien romain Tite-Live nous livre son récit :
    Tite live 59 av j c 17 ap j c"D’abord il leur est enjoint de sortir de leurs retranchements, sans armes et avec un seul vêtement : les otages sont livrés les premiers, et conduits en prison. Vient ensuite le tour des consuls, dont on renvoie les licteurs et auxquels on ôte leur manteau. Un pareil opprobre attendrit à tel point ceux-là même qui, peu de temps avant, les chargent d’exécrations, Les fourches caudines ou joug romainet veulent qu’ils soient sacrifiés et mis en pièces, que chacun, oubliant son propre malheur, détourne ses regards de cette dégradante flétrissure d’une si haute majesté, comme d’un abominable spectacle.
    Les consuls, presque à moitié nus, sont envoyés les premiers sous le joug ; puis chacun, suivant son grade, subit à son tour cette ignominie ; ensuite chaque légion successivement. L’ennemi, sous les armes, entoure les Romains ; en les accablant d’insultes et de railleries ; il lève même l’épée contre la plupart, et plusieurs sont blessés, quelques-uns tués, pour avoir offensé le vainqueur en laissant trop vivement paraître sur leur visage l’indignation qu’ils ressentent de ces outrages. Tous courbent donc ainsi la tête sous le joug, et, ce qui est en quelque sorte plus accablant, passent sous les yeux des ennemis."

    N.B. Il est amusant de noter que l'adjectif "conjugal" issu du latin "conjugalis" a pour racine le mot "joug" : "cum", avec, + "jugum", joug.


    source: http://chercheursdeverites.e-monsite.com/blog/expressions/


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  • "Être au bout du rouleau", "À tour de rôle"

    Connaissiez-vous l'origine des expressions "Être au bout du rouleau" et "À tour de rôle" ?

    Rouleaux de Sûtra du Heike Nokyo ( (1164-1167)
    Nous utilisons généralement cette expression pour signifier que nous sommes à bout de forces physiques ou mentales.
    Les mots "rouleau" et "rôle" sont issus du latin "rotulus" (venant lui-même de "rota", "roue") lequel désignait un objet cylindrique autour duquel on enroulait un papyrus ou un parchemin. Le parchemin fut l'unique support pour l'écriture utilisé durant le Moyen Âge, jusqu'à ce que le papier fasse son apparition.

    Rouleau manuscrit, XVe siècle - AngleterreLe coût de fabrication du parchemin étant relativement onéreux, dès l'arrivée du papier, on finit par ne l'utiliser que très rarement.
    Documents, manuscrits et chartes étaient constitués de feuilles collées les unes au bout des autres et rédigées uniquement sur le recto ; elles étaient ensuite roulées autour d'un cylindre puis enveloppées d'un parchemin afin de les protéger et de les conserver.
    Ainsi, vers la fin du XIIe siècle le "rouleau" ou "rôle" désignait tout document enroulé sur ce type de support. Ainsi, lorsque l'on avait terminé la lecture d'un document, on était "Au bout du rouleau".
    Aux XIVe et XVe siècles, on disait "Être au bout de son rollet". À cette époque, le texte des acteurs de théatre était écrit sur un rôle. Lorsque celui-ci était de petite taille ou que le rôle de théâtre était peu important, on utilisait le nom de rollet. Ainsi, celui qui arrivait au bout du rollet n'avait plus rien réciter.

    Le mot "rôle" demeura dans le langage courant jusqu'à la fin du XVIIe siècle, ce qui nous renvoie à l'expression "À tour de rôle".
    Les rôles (ou rouleaux) de parchemin conservaient des écrits de toutes sortes : registres administratifs mais également registres maritimes ou militaires. Le militaire "s'enrôlait"
    La Bataille de Lagos (1693) - Théodore Gudin (1802-1880)dans l'Armée, le marin "s'enrôlait" dans la Marine : il s'y faisaient inscrire.
    Ainsi, sur les navires, le "rôle" était ce registre d'appel contenant le nom de tous les marins marins embarqués. On appelait chacun l'un après l'autre donc "À tour de rôle" !que l'on écrivait au XVe siècle "À tour de rolle").
    Mais s'il y avait des rôles, il y avait aussi des "contre-rôles" c'est-à-dire des listes falsifiées comportant des "présents" qui étaient en fait des absents (morts ou n'ayant jamais existé). Elle étaient crées par des officiers malhonnêtes dans le but de toucher la solde de ces fantômes. C'est ainsi qu'en 1292 on créa la fonction de "contreroullour" qui devint par la suite "controlleur" en 1320 et signifiant textuellement "celui qui vérifie, qui tient un registre". La fonction a perduré jusqu'à nos jours puisqu'elle porte le nom de "contrôleur".

    Puis au XIXe siècle le "rouleau" a repris ses droits, matérialisé dans les banques par les rouleaux de pièces. "Être au bout de son rouleau" c'était ne plus avoir un sou.
    L'apparition du phonographe pérennisa l'expression : ce dernier fonctionnant par l'intermédiaire d'un rouleau ou cylindre qui, après un ralentissement progressif arrivait en fin de course.

    Du papyrus au papier
    En grec ancien "papyros", puis en latin "papyrum" ou "papyrus" signifie "papier".
    Rouleau de parchemin en papyrus, fragment des manuscrits de la mer MorteLe papyrus est un papier obtenu par superposition de fines tranches tirées des tiges de la plante "Cyperus papyrus". Il fut probablement inventé il y a 5 000 ans.
    Il était abondamment utilisé en Égypte et autour de la Méditerranée dans l'Antiquité pour la réalisation de manuscrits.
    Succédant au papyrus qui fut utilisé jusqu'au VIIe siècle, le parchemin était une peau de mouton ou de chèvre apprêtée spécialement pour servir de support à l'écriture. C'était un matériau extrêmement durable. Si les papiers habituels jaunissent en quelques années, on trouve aux Archives Nationales quantité de parchemins encore parfaitement blancs, et dont l'encre est restée parfaitement noire.
    Fragment du Roman de Tristan par Chrétien de Troyes - 1300-1310 Aussi, il offre l'avantage d'être plus résistant et permet le pliage. Jadis, le terme parchemin s'employait également comme synonyme de diplôme.
    Il fut le seul support des copistes européens au Moyen Âge jusqu'à ce que le papier apparaisse et le supplante.

    D'invention chinoise, créé pendant la dynastie Han, en 105 av. J.C., le papier devint le support ordinaire de l'écriture.

    Cahier chinois sur papier du Hokke-KyoLa composition du papier en Chine ne comporte pas de riz mais consiste pour l'essentiel de fibres de lin, d'une certaine proportion de fibres de lin, de bambous et d'écorces de muriers qui permettent de varier les papiers à l'infini, en couleur éventuellement.
    Le secret de la fabrication du papier de qualité demeurera chinois et japonais jusqu’au VIIIe siècle. Lors de la bataille de Talas (Samarkand) en 751, les Arabes, victorieux, firent prisonniers de nombreux Chinois et récupérèrent ainsi le secret du papier et de la soie. Le papier arrivera en Andalousie en 1056, puis se propagera en Occident.

    L'Alhambra - Espagne

     

    source: http://chercheursdeverites.e-monsite.com/blog/expressions/


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