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    L’arbre qui voulait rester nu – Antoine Lang

    L’arbre qui voulait rester nu

     

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    Il était une fois un arbre. Au beau milieu d’un verger, il était sorti de terre, petite pousse verte et fragile se confondant avec les herbes alentours. Curieux de tout, il regarda bien vite le monde qui l’entourait, les fleurs qui s’ouvraient le matin et se refermaient le soir, les oiseaux qui sifflaient en sautant de branche en branche, le paysan qui venait tôt le matin cueillir les fruits des arbres, les graminées qui ondulaient sous la caresse des vents…

    Ah !, il le trouvait beau ce monde autour de lui, il avait envie lui aussi de participer à cette beauté, de trouver sa place dans cette harmonie. Une année s’écoula et, ayant grandi, il était devenu un petit rameau portant quelques tiges. Il se rendit compte qu’il n’était pas un brin d’herbe comme il l’avait crû tout d’abord, mais un arbre et se mit à observer plus attentivement ses aînés.

    Il les trouvait si grands, si beaux recouverts de leurs feuilles et de leurs fleurs.

    Il fût si émerveillé de voir toutes ces fleurs se transformer en fruits, il fût si attendri des soins attentifs que leur apportait le paysan, mais…
    Mais, se regardant, il s’aperçut que son écorce ne ressemblait à aucune de celles qui les habillaient, que ses branches n’avaient pas la même forme que les leurs. Alors, il eût peur, peur de n’être pas assez grand, peur de n’être pas assez beau, peur de ne pas porter assez de fruits, il eût peur que les autres, pommiers, poiriers, mirabelliers… n’acceptent pas sa différence et il décida de ne produire ni feuille, ni fleur, ni fruit.
    C’est ainsi que les années passèrent, à chaque printemps, son tronc s’épaississait, s’allongeait, de nouvelles branches poussaient, mais… ni feuille, ni fleur, ni fruit.

    Pour ne pas se trouver nu face aux autres, il s’était depuis son jeune âge laissé peu à peu recouvrir par un lierre grimpant, par des liserons et par des bouquets de gui : ne sachant à quoi il pourrait ressembler, il se couvrait d’une beauté qui n’était pas la sienne.
    Le jardinier plus d’une fois projeta de le couper pour en faire du bois de chauffage, mais trop occupé par ailleurs, il remit chaque fois cette tâche à plus tard. Un matin pourtant il vint, armé d’une grande hache et commença par couper le lierre qui enserrait l’arbre. Du lierre, il y en avait tellement que cela lui prit toute la journée et qu’une fois de plus, il remit l’abattage à plus tard. Cette nuit là, un petit ver parasite piqua le liseron qui en mourut aussitôt et le lendemain, les oiseaux du ciel apercevant le gui vinrent le picorer.

    Il ne restait plus de l’arbre au milieu du verger qu’un tronc et des branches : il ne restait plus que l’arbre au milieu du verger.
    S’apercevant soudain de sa nudité et ne sachant par quel artifice la couvrir, il se décida enfin à laisser pousser tout au long de ses branches de belles petites feuilles d’un vert tendre, à laisser éclore au bout de chaque rameau de mignonnes petites fleurs blanches contrastant joliment avec le brun de la ramure et le vert du feuillage

    Le paysan, sur ces entrefaites, revint avec sa hache et découvrant à la place du tronc inutile un magnifique cerisier, ne trouva plus aucune raison de le couper. Il le laissa donc, trop heureux du miracle qui s’était produit.
    Depuis ce jour, l’arbre vit heureux au milieu du verger, il n’est pas comme les autres, ni plus beau, ni plus grand, mais tout aussi utile. Il a compris que ni la texture de l’écorce, ni le tracé des branches, ni la forme des feuilles, ni la couleur des fleurs n’ont d’importance : seuls importent les fruits qu’il porte et que nul autre que lui ne peut porter.

    Aussi, tous les ans, à la belle saison, les enfants du paysan viennent avec une échelle et, s’éparpillant dans sa ramure, se gavent de ses fruits et le réjouissent par leurs rires.

     

    N’ayons pas peur des fruits que nous pourrions porter,

    car nul autre ne pourra les porter pour nous, mais chacun pourra s’en nourrir.

    N’ayons pas peur des fruits que nous pourrions porter.

    Car chaque fois que nous les refuserons,

    il manquera quelque chose dans le monde.

    N’ayons pas peur des fruits que nous pourrions porter,

    car chacun d’eux permettra de faire grandir

    la Vie et l’Amour qui nous ont été donnés en partage.

     

    Antoine Lang

     

    source: http://radioeveil.com/larbre-qui-voulait-rester-nu-antoine-lang/


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  • Trouvé sur radioeveil.com

    Le coeur qui change le regard

     

    Il était une fois, un vieil homme assis à l’entrée d’une ville du Moyen Orient. Un jeune homme s’approcha et lui demanda « Je ne suis jamais venu ici, comment sont les gens qui vivent dans une ville ? »

    Le vieil homme lui répondit par une question : « Comment étaient les gens dans la ville d’où tu viens ? »

     

    « Égoïstes et méchants… C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’étais bien content de partir » dit le jeune homme.

     

    Sur quoi, le vieillard répondit : « Tu trouveras les mêmes gens ici ».
    Un peu plus tard, un autre jeune homme s’approcha et lui posa exactement la même question.

     

    « Je viens d’arriver dans la région, comment sont les gens qui vivent dans cette ville ? »

     

    « Dis-moi, mon garçon, comment étaient les gens dans la ville d’où tu viens ? »

     

    « Ils étaient bons et accueillants, honnêtes, j’y avais de bons amis, j’ai eu beaucoup de mal à la quitter », répondit le jeune homme.

     

    « Tu trouveras les mêmes ici » répondit le vieil homme.
    Un marchand qui faisait boire ses chameaux à côté avait entendu les deux conversations. Dès que le deuxième jeune homme s’éloigna, il s’adressa au vieillard sur un ton de reproche :

     

     

    « Comment peux-tu donner deux réponses complètement différentes à la même question posée par deux personnes ? »

     

    « Mon cher monsieur, dit le vieil homme, celui qui ouvre son cœur change aussi son regard sur les autres. Chacun porte son univers dans son cœur ».

    Auteur inconnu

     

    RADIO EVEIL, des histoires à méditer.

    source : http://radioeveil.com/le-coeur-qui-change-le-regard/


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