•  

    Le petit garçon et le routier

     

     

     

    Titre : Le petit garçon et le routier


    Année : 1977

     

    source : http://www.bide-et-musique.com/song/4714.html

     

     

    Télécharger « Le petit garçon et le routier.pps »

     

    Paroles

    Je ne crois pas qu'on se connaisse, vous et moi. Mais je suis à peu près certains qu'on a bien du se rencontrer. Quelque part sur la route, dans un pays quelconque, vous au volant de votre voiture, 
    moi dans la cabine de mon semi-remorque. Oui je suis routier, routier international. J'aime l'aventure et j'ai roulé ma bosse au quatre coins du monde. J'en ai passé des frontières, et bouffé des kilomètres de poussières, de boue ou de neige

    À cette époque-là, je faisais la ligne sur les routes de Californie. C'est là que m'est arrivée cette étrange histoire. Je venais de loin, je conduisais depuis trop longtemps, et la fatigue commençait de se faire sentir. J'hésitais à réveiller le copain qui dormait dans la couchette. Pour me tenir compagnie, j'avais branché le radio-téléphone de bord, le mobilophone comme on l'appelle aux États-Unis. C'est un appareil qui nous permet, à nous autres les routiers, de garder le contact et de nous entraider en cas de coup dur.

    Je venais à peine d'enclencher le canal 27 de la CBR, qui est notre fréquence habituelle, lorsque j'entendis, à travers la friture des ondes courtes une petite voix lointaine qui parlait. Une petite voix d'enfant qui appelait.
    « - Allô, Allô, les routiers, ici Teddy, Teddy Bear, m'entendez-vous ? Ici Teddy, répondez-moi. »
    Je basculai l'inverseur sur émission et questionnai à mon tour.
    « - Allô, Allô Teddy, ici la route. D'où appelles-tu ? Que veux-tu ? »
    La voix du gamin répondit, un peu plus proche.
    « - Ici Teddy, j'appelle les routiers.
    - Je t'entends, Teddy. Que veux-tu ?» 

    « - Je suis tout seul, je m'ennuie, et je voudrais parler un peu avec vous. Je vous appelle avec le radio-téléphone de mon papa. Cet été nous avons eu un très grave accident, et je suis toujours dans mon lit. Le docteur dit que je pourrais remarcher un jour, mais que ce sera sûrement très long. J'habite une maison tout près de l'autoroute. Je suis souvent seul le soir, car maman est serveuse dans un hôtel, pour nous faire vivre. J'ai perdu mon papa dans l'accident qui a détruit son camion et qui m'a cloué au lit. Il m'emmenait de temps en temps pour des petites courses. Et maintenant il ne vient plus jamais de routiers par ici. Alors j'essaye de vous accrocher avec le radio-téléphone qui nous reste, pour vous parler un petit peu, quand vous passez sur l'autoroute. »

    Je ne suis pas une fillette, mais il me sembla soudain que mes yeux se brouillaient, que j'y voyais moins bien. J'arrêtais le moteur au premier embranchement venu, et je sortis ma carte.
    « - Dis-moi, Teddy, où habites-tu exactement ? »
    Le petit me situa sa maison. J'avais de l'avance sur l'horaire, je remis en marche et je sortis de l'autoroute. Bien que j'aie foncé pour arriver chez lui, je n'étais pourtant pas le premier.
    Bon sang, six énormes bahuts m'y attendaient. Six copains avaient entendu notre conversation et m'avaient devancé, d'autres arrivaient encore. Je réveillais mon coéquipier qui n'en croyait pas ses yeux. On est tous entré, on a sorti Teddy de son petit lit, et se fut vraiment la fête. Chacun voulait le porter, l'asseoir derrière son volant, le cajoler. Le gosse rayonnait. On lui donna un tas de bricoles qu'on avait dans nos cabines, et puis il fallut bien penser à repartir.

    Je le remis dans son lit, après l'avoir embrassé une dernière fois. Je grimpais sur mon siége et je tirais le démarreur. J'ai vu plus d'un dur qui détournaient la tête. On lui promit que chaque fois que l'on passerait sur l'autoroute, on klaxonnerait d'une certaine manière afin qu'il nous entende. On se quitta enfin

    Je n'avais pas fait trois kilomètres que le mobilophone crépitait à nouveau. C'était une autre voix, une voix émue de femme et elle disait :
    « - Allô les routiers, ici la maman de Teddy, merci les gars, vous êtes, vous êtes de braves types. Bonne route et que Dieu vous protége.
    Je n'ai pas pu répondre un seul mot, j'ai coupé le radio-téléphone et alors seulement j'ai chialé, oui. Chialé comme un vrai môme. 

    Transcripteur : corbo_rouge
    Paroles en attente d'une autorisation des ayants droit.
    Nous nous engageons à en retirer l'affichage en cas de demande de leur part.

    votre commentaire
  • Érable (L’) : arbre au coeur de
    croyances et de contes mythiques
    (D’après « La mythologie des plantes
    ou les légendes du règne végétal », paru en 1882)
    Publié / Mis à jour le SAMEDI 7 JUILLET 2018, par LA RÉDACTION
     
     

     
     
    Grandement apprécié jadis en Alsace pour ses vertus, l’érable occupe une place particulière dans un conte au sein duquel on retrouve nombre de récits et figures mythiques, cet arbre y jouant un rôle à la fois funéraire et générateur attribué, entre autres, au cornouiller, au cèdre, au cyprès

     

    Autrefois, en Alsace, on attribuait à la chauve-souris la propriété de faire avorter les œufs de cigogne ; dès qu’elle les avait touchés, ils étaient frappés de stérilité. Pour s’en préserver, la cigogne plaçait dans son nid quelques rameaux d’érable, et la seule puissance de cet arbre redouté en interdisait l’entrée au vespertilio. On plaçait aussi des branches d’érable au-dessus de l’entrée des maisons que l’on voulait soustraire aux visites de la chauve-souris (Gérard, Les Mammifères de l’Alsace, cité par Rolland, Faune populaire de la France).

    Il existe, au sujet de l’érable, un conte hongrois d’un intérêt saisissant, et qui a donné lieu à un joli poème de l’écrivain Michel Tompa (1817-1868). Quoique incomplet, ce conte contient une série de détails curieux, grâce auxquels il nous est permis d’établir un rapport plus évident, non pas seulement analogique, mais généalogique, entre les contes et mythes suivants : légende du roi Lear, conte de la Belle et la Bête ; contes bibliques de Caïn et Abel, et de Joseph vendu par ses frères ; légende de Romulus et Rémus ; conte du roseau et de la colombe ; légende indienne de Çakuntala ; conte de Polydore changé en cornouiller ; des deux frères se querellant pour une plume de paon ; mythe d’Orphée ; conte de la flûte magique ; conte estonien des fraises ; conte piémontais des bottines rouges.

    Ces différents détails qui s’entrelacent s’expliquent par leur origine mythique commune.

     

    Voici donc le conte hongrois de l’Érable :

    Un roi avait trois filles. La plus jeune des trois était blonde, d’une beauté et d’une bonté incomparables (Cordélia). Un jeune pâtre qui paissait son troupeau sur la prairie du château jouait tous les soirs de la flûte (Orphée), et la jeune princesse l’écoutait (Eurydice). Une nuit, le roi, la princesse et le pâtre eurent un mauvais songe : le roi vit en songe que sa couronne avait perdu ses diamants ; la jeune princesse qu’elle avait visité le tombeau de sa mère et qu’elle n’en était point revenue ; le pâtre que deux bêtes fauves avaient dévoré le plus bel agneau de son troupeau (histoire de Joseph).

    Après ce songe, le roi appela ses trois filles et leur annonça que la première des trois qui reviendrait à lui avec un panier de fraises (conte estonien des fraises) serait sa fille bien-aimée qui hériterait de lui sa couronne et ses sept royaumes (Roi Lear). Les trois filles s’en allèrent de suite à la recherche des fraises, et se rendirent à une colline verdoyante. L’aînée des trois filles jeta ce cri : « Panier, remplis-toi, pour que je puisse recevoir la couronne de mon père. » Le panier resta vide. La seconde fille, à son tour, reprit : « Panier, remplis-toi pour que je puisse recevoir les sept royaumes de mon père. » Le panier resta vide. 

    Après que les deux sœurs aux cheveux noirs (les deux moitiés de la nuit) eurent ainsi parlé, la cadette aux cheveux blonds (l’aurore, appelée dans le Rigvedala la fille du ciel) dit avec tendresse : « Panier, remplis-toi, pour que je puisse devenir la fille bien-aimée de mon père. » A l’instant même, son panier se remplit de fraises. A cette vue, les deux sœurs envieuses, craignant de perdre la couronne royale et l’héritage paternel (Caïn), ôtèrent la vie à leur sœur cadette, et, l’ayant ensevelie sous un vieil érable, brisèrent le panier en se partageant entre elles les fraises.

    Revenues chez leur père, elles lui annoncèrent que leur sœur, s’étant trop avancée dans la forêt, avait été dévorée par une bête fauve (Joseph). Le père, à cette nouvelle, se couvrit la tête de cendres (Jacob) et cria : « Malheur ! J’ai perdu le diamant le plus précieux de ma couronne. » Le pâtre, à l’approche de la nouvelle lune, essaya de mettre la flûte à sa bouche pour en tirer des sons ; mais la flûte devint muette. En effet, pourquoi la flûte jouerait-elle encore, puisque la jeune princesse n’est plus là pour l’écouter ? puisque la bête fauve a dévoré le plus bel agneau de son troupeau ?

    Sur la pente de la colline verdoyante, du tronc du vieil érable, à l’arrivée de la troisième nuit, on vit sortir une nouvelle pousse, à l’endroit même où la jeune princesse avait été ensevelie. En passant par là, le pâtre vit la nouvelle pousse de l’érable et eut grande envie de s’en faire une nouvelle flûte. Dès qu’il eut approché cette flûte de ses lèvres (conte de Çakuntala, conte de Polydore, conte toscan du faux cornouiller, la flûte magique), la flûte enchantée chanta ainsi : « Joue, joue, mon cher ; autrefois, j’étais la fille d’un roi ; maintenant, je suis une pousse d’érable ; une flûte faite avec une pousse d’érable. »

    Le pâtre apporta alors sa flûte au roi. Le roi, à son tour, l’approcha de ses lèvres, et la flûte reprit : « Joue, joue, mon père ; autrefois, j’étais la fille d’un roi ; maintenant, je suis une pousse d’érable, une flûte faite avec une pousse d’érable. » Les deux sœurs méchantes approchèrent, elles aussi, de leurs lèvres, la flûte magique, et l’instrument chanta ainsi : « Joue, joue, mon meurtrier ; autrefois, j’étais la fille d’un roi ; maintenant, je suis une pousse d’érable, une flûte faite avec une pousse d’érable. » Alors le roi, ayant maudit les deux filles, elles furent chassées très loin du château.

    On devine ici que le conte est inachevé. Les détails analogues que nous connaissons par d’autres contes ajoutent la résurrection du jeune homme ou de la jeune fille que le frère ou la sœur avait tué par envie.

    source: https://www.france-pittoresque.com/spip.php?article12493


    votre commentaire
  •  

    Le diamant et la goutte de rosée

    Un beau diamant, qui avait autrefois brillé au doigt d’une princesse, gisait dans un pré, à côté de pissenlits et de pâquerettes. Juste au-dessus de lui, brillait une goutte de rosée qui s’accrochait timidement à un brin d’herbe.
    Tout en haut, le brillant soleil du matin dardait ses rayons sur tous les deux, et les faisait étinceler.
    La modeste goutte de rosée regardait le diamant, mais sans oser s’adresser à une personne d’aussi noble origine.
    Un gros scarabée, en promenade à travers les champs aperçut le diamant et reconnut en lui quelque haut personnage.
    – Seigneur, dit-il en faisant une grande révérence, permettez à votre humble serviteur de vous offrir ses hommages.
    – Merci, répondit le diamant avec hauteur.
    En relevant la tête, le scarabée aperçut la goutte de rosée.
    – Une de vos parentes, je présume, monseigneur ? demanda-t-il avec affabilité en dirigeant une de ses antennes vers la goutte de rosée.
    Le diamant partit d’un éclat de rire méprisant.
    – Quelle absurdité ! déclara-t-il. Mais qu’attendre d’un grossier scarabée ? Passez votre chemin, monsieur. Me mettre, moi, sur le même rang, dans la même famille qu’un être vulgaire, sans valeur et le diamant s’esclaffait.
    – Mais, monseigneur, il me semblait… sa beauté n’est-elle pas égale à la vôtre ? balbutia timidement le scarabée déconfit.
    – Beauté, vraiment ? Imitation, vous voulez dire. En vérité, l’imitation est la plus sincère des flatteries, il y a quelque satisfaction à se le rappeler. Mais cette beauté factice même est ridicule si elle n’est pas accompagnée de la durée. Bateau sans rames, voiture sans chevaux, puits sans eau, voilà ce que c’est que la beauté sans la fortune. Aucune valeur réelle là où il n’y a ni rang ni richesse. Combinez beauté, rang et richesse, et le monde sera à vos pieds. A présent, vous savez pourquoi on m’adore.
    Et le diamant lança de tels feux que le scarabée dut en détourner les yeux, pendant que la pauvre goutte de rosée se sentait à peine la force de vivre, tant elle était humiliée.
    Juste alors une alouette descendit comme une flèche, et vint donner du bec contre le diamant.
    – Ah! fit-elle désappointée, ce que je prenais pour une goutte d’eau n’est qu’un misérable diamant. Mon gosier est desséché, je vais mourir de soif.
    – En vérité ! Le monde ne s’en consolera jamais, ricana le diamant.
    Mais la goutte de rosée venait de prendre une soudaine et noble résolution.
    – Puis-je vous être utile, moi ? demanda-t-elle.
    L’alouette releva la tête.
    – Oh! ma précieuse amie, vous me sauverez la vie.
    – Venez, alors.
    Et la goutte de rosée glissa du brin d’herbe dans le gosier altéré de l’alouette.
    – Oh ! oh ! murmura le scarabée en reprenant sa promenade. Voilà une leçon que je n’oublierai pas. Le simple mérite vaut plus que le rang et la richesse sans modestie et sans dévouement; il ne peut y avoir aucune réelle beauté sans cela.

     

    source : https://tarotpsychologique.wordpress.com/category/divers/sagesses/contes/

     


    votre commentaire
  • hui, 08:23
     
     
     

     Enfant-de-neige_Snégourotchka_1_http://fleguevellou.blogspot.fr/2010/08/snegourotchka.html

    L'enfant de neige *** - conte russe -

     

    Ils n'étaient pas si vieux que ça mais ils n'étaient plus si jeunes. Ils ne voyaient jamais personne. Leur maison était un peu à l'écart du village, tout près de la forêt. Ils n'avaient pas de voisins. Pas d'amis. Pas de petits-enfants ; même pas d'enfant. C'était un bon vieux couple, ils s'aimaient tendrement. Une seule chose leur manquait : un enfant.. Ils ne s'ennuyaient pas tant que durait la belle saison : il y avait le jardin à arroser, les bêtes à soigner (quelques poules, 2 ou 3 chèvres) le chien et le chat comme compagnie. Le soir, ils s'asseyaient sur le banc et ils attendaient la nuit. Mais l'hiver leur semblait terriblement long. Cet hiver-là, il a neigé abondamment et la femme aimait regarder les enfants jouer dans la neige. Ils venaient faire de longues glissades dans leur pré tout en pente, et des batailles de boules de neige, et des bonhommes de neige ... Après le repas, le vieux dit à la vieille :
    - Viens, allons faire un bonhomme de neige, nous aussi ... ce sera un peu notre enfant, au moins pour quelques semaines, le temps que durera la neige et le gel.


    Ce n'était pas vraiment un jeu, le vieux pensait davantage à faire plaisir à sa vieille. Et si la vieille accepta, malgré le froid, c'était pour faire plaisir à son vieux. Et ils firent ensemble un bel enfant de neige en y mettant leur amour et leurtendresse. Une vraie fille de neige.Ils y passèrent des heures, taillant la glace pour lui faire un visage délicat souriant avec de petites fossettes au creux des joues, un joli petit nez retroussé, des yeux scintillants, des nattes attachées avec un ruban rouge sorti de la boite de couture ... Fille-des-Neiges_http://www.radiooxygene.com/agenda-et-sorties_06_culture_sculpture-sur-neige-et-sur-glace-a-la-colmiane-2915396.htm, le vieux l'enveloppa délicatement de son écharpe... la vieille attacha sur sa tête un joli fichu (foulard épais) coloré, elle cru un instant voir la fille de neige sourire ... et quand ils se reculèrent, ils se dirent qu'on la dirait presque vraie... Le jour déclinait, c'était le moment de rentrer ... une étoile filante passa ... (il parait qu'il faut faire un vœu ...). au moment de tirer la porte, la vieille se retourna en soupirant : elle est tellement belle, si elle pouvait devenir vraie ...

    Enfant-de-neige_Snégourotchka_2_http://fleguevellou.blogspot.fr/2010/08/snegourotchka.htmlLe lendemain, à peine les volets ouverts, ils regardèrent en direction de leur petite bonne femme de neige. Elle n'était plus là ! Il ne restait que des traces de pas... Ils entendirent des rires et des cris : les enfants étaient déjà là. C'était les vacances. Et à la fenêtre ils virent leur enfant de neige courir avec eux ! et rire ! et quand ils se précipitèrent dehors, n'en croyant pas leurs yeux, elle les salua gaiement :
    - Papa, maman ! Venez jouer ! Ils étaient tellement heureux... La vieille surtout qui ne savait que faire pour faire plaisir à la petite. Elle décida de lui faire un merveilleux repas pour l'accueillir chez eux. Mais l'enfant de neige s'immobilisa sur le pas de la porte :
    - Je ne peux pas manger votre nourriture. Et si je rentre, je fondrai.
    Alors elle mangeait froid : pas de soupe à l'oignon gratinée, mais une soupe aux glaçons ... Piotr lui tailla un bol dans la glace et lui fit de délicieux petits fruits en neige. Elle restait loin du feu, tout près de la porte. Pour dormir, le vieux lui sculpta un beau petit lit de glace et lui fit un oreiller de neige et un édredon des flocons tout frais tombés. Ils vinrent l'embrasser. 
    - M'aimez-vous ? leur demanda l'enfant de neige 
    - Plus que tout au monde! 
    - Alors je reste avec vous !Enfant-de-neige_Snégourotchka_http://www.costume-russe.fr/snegourotchka/

    Pendant tout l'hiver, l'enfant de neige joua avec les autres enfants. Et elle n'oubliait pas d'aider ses vieux parents. Le petit vieux et la petite vieille regardaient avec tendresse leur petite fille de neige qu'ils appelèrent Snégourotchka, qui signifie en russe fille née de la neige (snèg signifie neige)...

    Enfant-de-neige_Snégourotchka_3_http://www.costume-russe.fr/snegourotchka/Mais un jour où les enfants jouaient à cache-cache, la fille de neige resta introuvable... D'ailleurs jamais personne ne la trouvait, tant elle se confondait avec la neige ... Il faisait déjà sombre et les enfants prirent le chemin du retour sans Snégourotchka qui s'était cachée dans la forêt. Elle se trouva vitre perdue. Se voyant seule elle grimpa au sommet d'un arbre. Un ours vint à passer et lui proposa de la ramener chez elle. Snégourotchka refusa : elle avait trop peur qu'il ne la mange. Elle recommença à pleurer, ce qui attira un loup, mais elle refusa de le suivre. Elle demanda à un oiseau s'il savait où se trouvait sa maison : il la guida jusqu'à son nid. Elle était encore plus perdue ... elle demanda à un lièvre qui l'amena jusqu'à son terrier ... Puis à une renarde qui, elle n'hésita pas : 
    Renard_Roux_QuestmachineTu habites bien chez Piotr et Anna ? Qui a de si bonnes poules grasses ? Je pourrais t'y conduire les yeux fermés, guidée par la bonne odeur de son poulailler ... Mais que me donneras-tu pour cela ? 
    - Piotr et Anna m'aiment plus que tout au monde. ils te donneront tout ce que tu leur demanderas.
    Poule_neige_flickR_https://www.flickr.com/groups/joellisahttpwwwflickrcomphotos/discuss/72157628648862925/page3/Une poule alors ! La plus grasse !
    Snégourotchka descendit, monta sur le dos de la renarde et elles filèrent comme le vent. Piotr et Anna pleurèrent de joie en voyant revenir leur petite fille de neige. Snégourotchka expliqua que c'est la Renarde qui l'avait guidée jusqu'ici et qu'elle attendait en récompense la plus dodue de leur poule.
    - Après tout le mal que je me suis donné pour protéger mes poules des attaques de cette renarde ! ne put s’empêcher de dire Piotr ...
    Mais Snégourotchka attendait une poule bien dodue pour la renarde qui attendait à l'orée de la forêt. Piotr cache la chienne dans le panier et demande à l'enfant de neige de porter sa récompense à la renarde ... qui dû s'enfuir. L'enfant de neige se mit à pleurer. Anna et Piotr ont tout essayé pour la consoler. Sans succès : : 
    - Je croyais que vous m'aimiez plus que tout au monde et vous n'avez même pas voulu lui donner une poule pour remercier la renarde de m’avoir ramenée à vous.
    - Mais nous t'aimons !
    - Moins que vos poules stupides !
    L'enfant de neige fondit en larmes de neige. Anna et Piotr n'arrivèrent pas à lui faire comprendre qu'ils l'aimaient bien plus que tout au monde, mais qu'ils aimaient tout de même plus leurs poules que la renarde.

    Le printemps arriva et la fille de neige s'isolait tristement, cherchant les endroits les plus retirés, ombragés et frais. Une fois le soleil ressortit, les flocons de neige fondirent et Snegourotchka pleura comme pleure une sœur après son frère.

    Enfant-de-neige_Snégourotchka_4_http://mythologica.fr/slave/snegourot.htmC'était la fête du solstice d'été, saluant la victoire du soleil sur le gel. Les enfants du village vinrent chercher Snégorouchka pour aller danser au village. On allait allumer de grands feux sur la place, chanter et danser et lorsqu'il ne resterait plus que des braises, les couples d'amoureux sauteront au-dessus du feu pour célébrer leur amour naissant. Les amis de Snégorouchka la prirent par la main et l’entraînèrent dans leur ronde joyeuse autour du feu. L'enfant de l'hiver et des bois dansa avec entrain mais bientôt elle se sentit mollir ... ses jambes ne la portaient plus ... ses amis sentaient ses mains glisser ... Tout le monde sautait par dessus le feu en chantant, et un jeune berger entraîna Snégourouchka quand tout d’un coup quelque chose fit du bruit et gémit doucement. Tous se retournèrent. Mais il n’y avait personne. Plus Snégourouchka... Il ne leur restait qu'un peu d'eau qui coulait entre leurs doigts.

    Depuis, chaque hiver, Piotr sculpte une table et une chaise de neige....

    Si elle revenait....

     


    votre commentaire