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    Ce récit que je propose a une fin alternative, à vous de retenir celle que vous préférerez .

     

    La maison du bout du monde

     Mon journal m’avait envoyé dans cette petite ville de bord de Manche pour faire un reportage sur la fête de la mer. Je ne suis qu’un modeste journaliste et ce qui m’est confié est tout aussi modeste, néanmoins la perspective d’une journée au bord de l’eau m’avait fait plaisir.

    Arrivé sur place, j’avais trouvé l’ambiance agréable et gaie. Il y avait foule sur le port, comme sur la plage, pour voir les bateaux de près avant leur sortie en mer, ou bien regarder le défilé à quelque distance de la plage, suivi de la cérémonie religieuse.


    Une foule bigarrée et joyeuse, paisible, où se mêlaient les rires des adultes et les cris des enfants, déambulait. Beaucoup de grands-parents aussi, et j’en profitais pour poser des questions aux plus âgés sur les traditions entourant cette fête.


    J’ai attendu sur la plage, tout au bord de l’eau où une minuscule vaguelette s’ourlait, tant la mer était calme et bleue ce jour là. Les bateaux de pêche sont sortis en file, décorés comme je l’avais vu dans le port, de fleurs multicolores, faites de papier crépon, monté sur du fil de fer, tâche exécutée par les épouses des marins. Ils ont paradés le long de la plage, accompagnés par quelques plaisanciers, en faisant résonner leurs cornes. Puis le silence s’est fait, et les navires se sont rassemblés en un cercle grossier, entourant celui où le prêtre de la paroisse était embarqué, pour un court office et une prière. Silence aussi sur la plage, pendant ce moment solennel, bien qu’il soit impossible d’entendre les paroles de l’officiant. Seul résonnait discrètement le bruit de mon appareil photo, muni de son téléobjectif.
    Une gerbe de fleurs fut lancée à l’eau et toute la flottille reprit le chemin du port.
    Encore quelques clichés là-bas, montrant les marins distribuant les fleurs aux promeneurs, et mon reportage était bouclé.


    Il était encore tôt dans l’après-midi, mon train n’était prévu que pour nettement plus tard, j’avais quelques heures à tuer. Pris d’une sorte de mélancolie, en me retrouvant seul après cette agitation colorée, j’ai décidé d’aller marcher un moment, plutôt que de rester dans un café à ruminer sur l’appartement vide qui m’attendait au retour.


    Mes pas m’ont tout naturellement conduit sur la falaise, et après avoir gravi avec lenteur un chemin escarpé, je me suis retrouvé tout en haut, à respirer un air venu tout droit du large, sentant seulement le sel et l’iode, en regardant une mer bleu profond à perte de vue.


    Revivifié, j’ai marché un moment tout droit devant moi, et c’est un peu plus loin que je l’ai vue. Une maison ancienne, dans le plus pur style normand, avec un toit de chaume, presque au bord de la falaise, et assez isolée. J’ai été comme aimanté, et je me suis approché. De près, elle n’était pas aussi belle que je l’avais cru de prime abord. Elle était même assez délabrée, et bardée de panneaux d’agence signalant sa vente. Quel dommage, ai-je pensé, elle mériterait d’être remise en état.
    L’intérieur était-il en ruine ? Il fallait que je rentre, c’était devenu impératif. A l’arrière une porte était mal fermée. Je me suis demandé depuis si …


    Je suis entré, et j’ai parcouru les pièces blanches de poussières et de toiles d’araignées. Je suis monté à l’étage, j’ai vu les trois chambres, le grenier.. Il y avait beaucoup à faire c’était certain, mais cela n’avait aucune importance.


    Pour presque la première fois de ma vie, je me sentais bien, avec le sentiment d’être là où je devais être. Puis, très vite, des images sont venues, se superposant à la réalité, mon imagination courant librement. J’imaginais des gens, une famille, en vêtements des années 1900, dans un décor fait de bibelots, de cuivres, de tableaux , illuminé par le soleil entrant par les fenêtres débarrassées de leur couche de crasse. Il y avait des enfants qui jouaient, et une jeune fille radieuse. Tout paraissait si réel … J’ai dû m’arracher à ma rêverie pour sortir, avec l’impression de laisser mon cœur derrière moi. Au dehors, même le soleil du mois d’août paraissait terne, il fallait que je retourne prendre mon train. Dans la maison la plus proche, ou plutôt dans son jardin, une femme allongée dans un transat m’a fait un sourire. Elle avait dû me voir entrer, et sa mine était espiègle.


    – La maison du bout du monde vous plait ?
    – Du bout du monde ?
    – On l’appelle comme cela à cause de son emplacement.
    – Elle a dû être belle ?
    – Sûrement, mais elle est abandonnée depuis si longtemps.. C’était la maison d’une famille respectée et aimée au début du siècle, et puis la grande guerre est passée ; le fiancé de la fille aînée a été tué dans les tranchées, et elle n’avait plus la volonté de résister à la grippe qui a suivi. Ce qui restait de famille s’est dispersé, et la maison est passée de mains en mains depuis tout ce temps, jusqu’à être vide maintenant. Entrez un moment, je vais vous montrer de vieilles photos, je suis une cousine éloignée de cette famille..

     

    J’ai acheté comme j’ai pu la maison, à un propriétaire trop heureux de s’en débarrasser, et avec mes maigres économies, j’ai fait quelques travaux de remise en état, le strict minimum, le reste je le fais moi même.


    Ca ne fait rien. Les visions gagnent en intensité de jour en jour, prennent de l’épaisseur, de la consistance. Hier la jeune fille m’a souri, et dans le miroir qui était suspendu au mur de cet autre monde, j’ai vu le reflet d’un homme qui me ressemblait.
    Je suis revenu chez moi, et bientôt je serai avec les miens.

    ……….

    – Entrez un moment, je vais vous montrer de vieilles photos, je suis une cousine éloignée de cette famille.
    J’ai regardé l’album jauni, ou plutôt je l’ai dévoré. Tous semblaient si heureux, et la maison était si belle. J’étais si absorbé que j’ai sursauté en entendant le bonjour énergique d’une jeune femme, la fille de mon hôtesse. Toutes deux se sont amusées de mon ébahissement en voyant une des photos prendre vie, car elle ressemble trait pour trait à sa lointaine parente, morte si tristement.

     

    Nous avons acheté ensemble la maison, avec le peu que nous avions, et notre habitat ressemble plus à du camping qu’autre chose, mais ça nous est égal, nous avons le temps, et nous sommes heureux.
    Je ne lui ai pas parlé des visions du premier jour, et celles-ci ne sont pas revenues. Pourtant je n’oublierai jamais le sourire que me fit cette lointaine parente de mon épouse, et mon reflet près d’elle dans un miroir qui n’existait que dans ce monde lointain.
    Nous sommes rentrés chez nous.

     

    source : http://amoureuxmots.eklablog.com/les-nouvelles-et-contes-c18229765


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    Myoan Eisai (1141-1215), fondateur de l'école Rinzaï.jpg

    Nobushige le samouraï se présenta devant le maître zen Hakuin et lui demanda :
    - Y a t-il réellement un paradis et un enfer ?
    - "Qui es tu ?" demanda le maître
    - Je suis un samouraï répondit le guerrier
    - "Toi, un soldat !" s'exclama Hakuin. "Mais regarde-toi. Quel seigneur voudrait t'avoir à son service ? Tu as l'air d'un mendiant."

    La colère s'empara de Nobushige. Il saisit son sabre et le dégaina. 
    Hakuin poursuivit :
    - "Ah bon, tu as même un sabre !? Mais ton arme est sûrement trop émoussée pour me couper la tête."


    Hors de lui, le samouraï leva son sabre, prêt à frapper le maître. A ce moment celui-ci dit :
    - "Ici s'ouvrent les portes de l'enfer"


    Surpris par la tranquille assurance du moine, le samouraï rengaina et s'inclina.


    - "Ici s'ouvrent les portes du paradis.", lui dit alors le maître.

     

    Conte zen

    source : http://chercheursdeverites.e-monsite.com/blog/contes/


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    Trouvé sur planete

    *** MARCELLO, LE PETIT BERGER- conte de Julie River -

    Ce soir-là, au château, le Roi Marson et la reine dînaient aux chandelles. Les ménestrels jouaient un air de mandoline. On en était au dessert.

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    Soudain, la reine dit: «Les fêtes de Noël approchent, Sire».
    «Je sais», dit le roi. «Et je n’oublie pas que nous régnons déjà depuis 25 ans. C’est l’occasion de faire plaisir à nos sujets.»
    Certes, l’occasion était rêvée, mais encore fallait-il trouver une idée originale, digne d’un palais royal.
    Des idées, le roi n’en avait pas. Il n’en avait jamais et les propositions de la reine ne lui plaisaient guère. Quant aux ministres, ils se cassaient bien la tête, mais ne trouvaient rien d’extraordinaire. Fut alors appelé le seul vrai savant de la maison, maître Merlin. Il était un peu sorcier et débordait d’imagination.

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    «Moi, j’ai la solution à votre problème, sire!» Et, il montra un joli coffret précieux rempli de pièces d’or et une clé.
    «Alors?», fit le roi.
    «Alors! Voici une clé magique... Elle ne tourne dans la serrure que si celui qui l’a en main pense justement ce qu’il faut penser. Lui seul peut alors emporter le coffret et vivre riche.»
    «Mais, à quoi faut-il donc penser?» interrogea le roi.
    «Ah! ça c’est un secret que je ne puis dévoiler! C’est vos sujets qui doivent chercher!», répondit Maître Merlin.

     
     

     
     

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    Cette idée plut au roi et à sa dame. Aussitôt , un jeune troubadour parcourut la ville pour en informer les habitants.
    Un coffret précieux au palais? Une clé à secret? Emporter le contenu? Pour toujours? Une idée de maître Merlin?.....
    En ville, les gens ne parlaient plus que de cela. La boulangère oublia les pains dans le four. Ils avaient brûlé. Et le fermier, qui ne pensait plus qu’à gagner ce coffret, laissa la barrière ouverte, si bien que son cheval s’échappa…

    La veille de Noël, dès le matin, une longue file de chercheurs de bonheur attendait à la porte du palais. Le roi et la reine les regardaient discrètement d’une petite fenêtre. Ils s’amusaient beaucoup. Un garde surveillait le coffret pendant que maître Merlin, caché derrière une tenture, observait le déroulement des faits.
    A tour de rôle, les habitants de la région essayaient de faire tourner la clé.
    «Ah! Je vais me faire construire un château aussi grand que celui du roi» pensa l’aubergiste du village en agitant la clé dans la serrure.
    «Finie, la corvée du pain!» maugréa la boulangère en s’acharnant sur le coffret.
    «Moi, je vais ouvrir une banque… Je serai riche, car je vais prêter ce trésor avec de gros intérêts!» se dit un des ministres, en cherchant à forcer le couvercle.
    En vain! Au bout de la matinée, personne n’avait réussi. L’après-midi? Pas davantage.
    Oh! Il y avait bien un bandit de grands chemins qui crut voir son heure de gloire arrivée, quand la clé sembla tourner. Hélas! son rêve de devenir roi s’effondra, car le coffret ne s’ouvrit pas.
    Et le fermier qui pensait racheter un superbe cheval fut déçu lui aussi, tout comme le tisserand qui ne pensait qu’aux magnifiques brocards d’or qu’il pourrait acquérir avec tout ce trésor, et comme encore le médecin qui rêvait de devenir maître de la faculté de Paris… ou la paysanne qui pensait rivaliser avec les beaux atours de la reine...
    Le coffret gardait son secret et restait bel et bien fermé. Le roi et la reine commençaient à trouver le temps long…

    Mais voilà que Marcello, le petit berger, qui arrivait vers l’église du château pour la messe de minuit entendit parler aussi de cette nouvelle étonnante. Dans ses montagnes, l’annonce n’était pas venue jusqu’à lui. Le patron ne riait pas quand un mouton se perdait. Déjà qu’il recevait à peine de quoi aider sa pauvre famille…
    Marcello mit donc à son tour la clé dans la serrure. Il ne savait vraiment pas à quoi penser. Il avait tant de soucis, mais il se dit que si le coffret s’ouvrait, il l’offrirait de tout son cœur à ses pauvres parents…
    «C’est vrai», murmura-t-il… «Ils sont si bons, je leur apporterais nourriture et vêtements; je ferais soigner ma petite sœur malade; je permettrai à mes frères d’aller à l’école. Et sûrement qu’il resterait encore des pièces d’or pour les plus malheureux du village!»
    Comme il pensait à tout cela, le roi et la reine et tous les habitants du village n’en crurent pas leurs yeux. La clé venait de tourner!
    Le petit berger en pleura de joie. Maître Merlin quitta alors sa cachette et le félicitad’avoir pensé aux autres plutôt qu’à lui-même. 
    «Emporte ce coffret», lui dit-il, «et vis heureux maintenant avec tous ceux que tu aimes!» Le bonheur déjà illuminait son visage. Quand il s’agenouilla devant la crèche, ce soir-là, Marcello se sentit envahi par une immense paix et une grande joie. Il entendait Jésus lui murmurer dans le creux de l’oreille: «Ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait... Ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait»…

    D’après un conte de Julie River, Album "Bonjour Noël!", décembre 1985 ed. Averbode

     


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    Histoire d'un brin de Muguet 

     

    Depuis plus de quatre ans que je suis prisonnier.
    Mes jours heureux, sont, quand je reçois du courrier.
    Les lettres sont pourtant presque toujours les mêmes.
    Je suis en bonne santé, te souhaitant de même.
    Puis invariablement pour terminer, toujours.
    Je conserve l’espoir de ton prochain retour.

    Mais, dans un coin d’une lettre que j’ai reçue.
    Un petit brin de muguet y était cousu.
    Vraiment, c’est enfantin d’envoyer ce muguet.
    Je pourrais en avoir, ici, tout un bouquet.
    Qui ne serait pas fané comme celui-ci !
    Dans les bois allemands, le muguet pousse aussi.

    Et, comme pendant un moment, je restais là.
    Soudain, le petit brin de muguet me parla.

    - Excuse, me dit-il, si j’ai triste figure.
    Pourtant, si tu savais, j’étais beau je t’assure.
    Tu as l’air d’en douter, tu ne veux pas me croire ?
    Je vais, pour te convaincre, conter mon histoire.

    D’abord, j’ai vu le jour là-bas, très loin d’ici.
    C’est sur le sol français qu’un matin j’ai fleuri.
    A l’ombre des grands bois, au milieu d’autres fleurs.
    J’ai vécu, sans savoir que c’était le bonheur.

    Je buvais, le matin, la rosée bienfaisante.
    Je puisais dans le sol, nourriture abondantes.
    Je voyais, le ciel bleu, la lune ou les nuages.
    Je voyais, le soleil à travers le feuillage.
    C’est lui qui me chauffait de ses rayons ardents.
    Ainsi, rapidement, j’ai pu devenir grand.

    Comme il faisait bon, comme tout était beau.
    Nous avions chaque jour, le concert des oiseaux.
    Tu as dû, toi aussi, l’écouter, autrefois.
    N’est-ce pas, qu’il faisait bon vivre dans ces bois ?

    J’aurais dû ne jamais rien désirer de plus.
    Pourtant je subissais l’attrait de l’inconnu.
    Je pensais que peut-être, je serais cueilli.
    Comme porte-bonheur, et j’en étais ravi.

    Une dame, en passant, devina mon désir.
    S’approchant doucement, elle vint me cueillir.
    Me prenant dans sa main, avec d’autres muguets.
    Nous formions à nous tous, un superbe bouquet.
    Qu’auprès de son visage elle approchait souvent !
    Humant notre parfum tout en nous contemplant.

    Chez elle dans un vase à demi rempli d’eau.
    Pour conserver longtemps ce muguet frais et beau.
     Nous avons parfumé ce qui nous entourait.
     Dans cet appartement coquet, je me plaisais.

       Mais quand, le lendemain, parmi les plus jolis.
      Qu’elle avait mis à part, c’est moi qui fût choisi.
    J’étais heureux et fier d’être le préféré.
    J’entrevoyais, pour moi, l’avenir tout doré.
    Puis au coin de la lettre, où je suis maintenant.
    La dame m’a placé, cousu, soigneusement.
    Avec des gestes tendres, n’osant m’effleurer.
    Tout comme si j’étais une chose sacrée.

    Puis elle contempla ce travail achevé.
    Vérifiant pour que rien ne soit détérioré.
    Alors en se penchant, je m’en souviens toujours.
    Elle me donna pour toi, un doux baiser d’amour.
    En me murmurant, va, toi, qui porte-bonheur.
    Va, donner ce baiser à l’élu de mon cœur.
    Qui, dans les barbelés dont il est entouré.
    Est privé de caresses depuis des années.

    Ainsi dans la lettre pliée, je suis parti.
    Mais, tu peux savoir tout ce que je souffris.
    Depuis ce moment pour arriver jusqu’à toi.

    Le tampon des postiers m’écrasa maintes fois.
    Je fus aussi jeté, bousculé, rejeté.
    Écrasé sous de lourdes piles de paquets.
    Je suis resté des jours, peut-être des semaines.
    Entassé dans des pièces sombres et malsaines.
    Mon parfum s’échappait par toutes mes blessures.
    Vingt fois, j’ai cru mourir, mais j’avais la vie dure.

    J’ai cru aussi deux fois que j’étais arrivé.
    La lettre, brusquement, se trouva dépliée.
    Mais c’était fait par des personnes étrangères.
    Qui ont lu, et relu, ta lettre toute entière.
    Devant tant d’indiscrétion, j’étais indigné.
    Pourtant je dois te dire que nul ne m’a touché.
    Avec le doux baiser que j’ai reçu chez toi.
    J’ai conservé un reste de parfum pour toi.

    Mais, tu es impassible. Me suis-je trompé ?
    N’est-ce donc pas à toi, que j’étais adressé ?
    Pourtant, j’en suis certain, là-bas, sur le buffet.
    J’ai vu, ta photo, près du bouquet de muguet.

    Sur ce, le brin de muguet, cessa de parler.
    Et moi, un peu confus, je m’en suis approché.
    C’est vrai, que du parfum s’en exhalait encore.
    Non pas, le doux parfum de fleur qui vient d’éclore.
    Cependant cette odeur m’a quelque peu grisé.
    Le papier de la lettre en était imprégné.
    Et sur mes lèvres, j’ai senti, il m’a semblé.
    Recevoir la caresse de ma bien aimée.
    J’en étais tout ému, je ne puis l’expliquer.
    Aussi c’est bête, voyez-vous, mais j’ai pleuré !

                   Pierre Julien
    source : http://lylirose.eklablog.fr/histoire-d-un-grain-de-muget-nouvelles-creations-03-c27249630
     

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  • La Lune; Mystères et Sortilèges

    La nouvelle Lune

     
    Dans l’Antiquité, les trois nuits sans Lune étaient redoutées car, l’absence en de la Déesse blanche, les plus grands périls pouvaient survenir. Les prêtres faisaient alors des sacrifices aux dieux des Enfers, afin d’éviter leur colère. Ce phénomène de Lune noire est dû au fait que la Lune se lève et se couche en même temps que le soleil; la Lune est alors en conjonction avec le soleil. Mais chaque jour, la Lune retarde son lever de cinquante minutes sur le mouvement du soleil. Elle devient alors faiblement visible dans le ciel, sous forme de nouvelle lune, jusqu’à se lever à midi et se coucher à minuit au moment du premier quartier.

    L’apparition de la nouvelle Lune, ou néoménie, servait à fixer le calendrier des assemblées, des sacrifices ou des réunions religieuses. On avait coutume de se réunir sur les hauteurs pour épier dans la nuit la première lueur du disque lunaire. Cette vision était dûment constatée par le grand prêtre et officiellement annoncé au son des trompettes. Les Chaldéens, les Égyptiens et les Juifs ont longtemps respectés cet usage, encore en vigueur aujourd’hui chez les musulmans.
    Après l’angoissant intermède des nuits sans lune, l’apparition de la nouvelle Lune était pour les Anciens, un signe de renouveau, de chance et de fécondité. Des rites particuliers venaient saluer ce retour chez les Éthiopiens, les Sabéens, les Perses, et les Grecs. Les Olympiades, crées par Iphitus, débutaient à la nouvelle Lune. Horace signale cette même fête chez les Romains. Chez les Gaulois, les druides attendaient la nouvelle Lune pour aller cueillir le gui en portant un crossant de Lune en guise de pectoral. La fête de la nouvelle Lune était également à l’honneur chez les Hébreux.

    Saint Augustin vilipenda les anciens sabbats à la Lune . ‘’Il vaut mieux que les femmes pelotonnent la laine en filant le jour du Seigneur, que de danser impudemment et du matin au soir les jours de nouvelles Lune.’’ Entre le VIIe et le XIVe siècle, plusieurs conciles élaborés par l’Église catholique interdirent formellement les anciens cultes à la Lune. En 1310, le concile de Trèves déclara : ‘’Il n’est pas permis d’attacher une importance particulières aux phases de la Lune. On ne doit pas pour de tels jours, préparer des tables dans les maisons avec des lampes et d’autres sortes de lumières, par plus qu’on ne doit danser et chanter dans les rues.’’ Malgré ces interdits religieux, les gens du peuple continuèrent longtemps à honorer l’astre nocturne.

    La Lune; Mystères et Sortilèges, Édouard Brasey, Éditions du Chêne
     

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