• Mitra (mythologie)

    Mithra et le taureau, fresque de Marino.

    Mitra (मित्र) est originellement l'un des dieux souverains des Indo-Iraniens au côté de Varuna. Il est un des Adityas c'est-à-dire un gardien de l'ordre divin dans la littérature védique avec Varuna, Indra et les Nasatya ou Ashvins1. Il a progressivement disparu avec l'hindouisme au profit de la Trimurti, Brahma, Shiva et Vishnou qui héritera de plusieurs de ses caractéristiques.

     

    Origine

    Mitra est une divinité indo-européenne. Plusieurs documents hittites attestent son existence dès le IIe millénaire av. J.-C.. Les travaux de Georges Dumézil ont montré que les dieux Mitra et Varuna (Contrat et Serment) forment un couple dans le panthéon indo-iranien. Ils sont les représentants de la fonction souveraine et à Mitra-Contrat revient la souveraineté juridique, Varuna disposant de la souveraineté magique. Tous deux ont pour fonction de veiller sur la vérité et sur le cours du monde2.

    Dans le Veda

    Mitra représentait la souveraineté sur le plan terrestre et Varuna sur le plan surnaturel et naturel. Mitra, dont le nom signifie "contrat", était le garant de l'amitié et des accords entre les hommes, de l'honnêteté, tandis que Varuna était le garant du ṛtá, l'ordre cosmique. Mitra était toujours présenté comme amical, tandis que Varuna était un dieu violent, aux colères terribles. En fait, dans le personnel divin de la fonction souveraine, Mitra incarnait en quelque sorte le chapelain (purohita), tandis que Varuna incarnait le roi (rajan). Il était donc plus étroitement associé aux prêtres (Brahmanes) alors que Varuna était plus proche des guerriers (Kshatriya). Dans les hymnes, les deux divinités sont très souvent citées ensemble, dans le duel (dvandva) Mitravaruna.

    Dans ses "fonctions", Mitra était secondé par deux adityas secondaires, Aryaman et Bhaga. Tandis que le premier est le garant de la société Arya, de l'harmonie des rapports humains, notamment du mariage, le second (dont le nom, étymologiquement, signifie "part") est chargé de la juste et équitable distribution des richesses3.

    Néanmoins, parmi les nombreux hymnes du Rig-Véda, un seul est dédié à Mitra et les mythes et légendes qui le concernent se réduisent à très peu de chose.

    Les parties les plus récentes du Veda font de lui une simple personnification de l'amitié (en sanskrit classique, mitra est un nom commun signifiant « ami »).

    Le dieu Vishnou héritera de beaucoup de ses caractéristiques propres, à commencer par son aspect « solaire » et « bienveillant ».

    Un Mithra est également connu en Iran, où il est devenu une "divinité" solaire du panthéon mazdéen.

     

    Le culte

    Article détaillé : Culte de Mithra.

    Le mithraïsme était un culte monothéiste3 antérieur de plus de 1 500 ans au christianisme primitif, mais qui connut son apogée à Rome au moment de la naissance de ce dernier. Il a fait l'objet de persécutions systématiques dans l'Empire romain à la fin du ive siècle parce qu'il concurrençait le christianisme, avec lequel il présente certaines similitudes (le monothéisme, et certains rites comme l'eucharistie)4.

    Le mithraïsme se développa à Rome probablement à partir de la seconde moitié du ier siècle de notre ère, sans qu'on connaisse exactement les conditions de son introduction dans l'empire. Selon l'historien Plutarque - et des historiens modernes valident cette thèse - il serait arrivé en Italie à l'occasion des expéditions de Pompée en Orient contre Mithridate, et contre les pirates de Cilicie5. Toutefois il semblerait que son introduction ait été un peu plus tardive et diverses hypothèses existent à ce sujet6,7.

    Mithra était particulièrement populaire dans les armées, essentiellement chez les soldats et les centurions, bien que quelques légats aient comptés parmi ses dévots. Beaucoup d'esclaves et d'affranchis faisaient également partie de ses fidèles. Sénateurs et chevaliers semblent par contre avoir été assez réservés à son endroit ; cependant, dans un temple de Mithra à Rome, des inscriptions datant du iie siècle nomment deux supérieurs de la communauté mithriaque, tous deux chevaliers8. Les femmes étaient probablement exclues de son culte9. Celui-ci s'est principalement répandu en Italie, en Grande Bretagne et sur les rives du Rhin et du Danube. En revanche il semble n'avoir connu qu'un essor limité et tardif dans la partie orientale de l'Empire romain10

    On possède peu d'éléments sur le contenu du mithraïsme et les valeurs qu'il véhiculait. À l'heure actuelle, on estime que les notions d'amitié et de loyauté étaient primordiales. Seules deux scènes de la geste de Mithra sont actuellement bien connues et identifiées : sa naissance et la tauroctonie.

    Mithra, qui s'est créé lui-même à partir de la roche (ce qui explique l'emploi à son sujet de l'adjectif pétrogène), est à la fois primogenitus et autogenitus. Cette scène est représentée sur de nombreuses statues.

    La tauroctonie est sans conteste la scène la plus représentée dans les sanctuaires du dieu, qu'il s'agisse de sculptures, de bas-reliefs ou de fresques. Il semble qu'après avoir chassé le taureau, Mithra l'ait rattrapé et tué. Le sacrifice du taureau serait à l'origine de la vie, le sang de l'animal fertilisant la terre.

    Le mithraïsme est un culte à mystères. Le fidèle devait subir une initiation pour être pleinement accepté parmi les plus fervents fidèles. Ce type de culte, contrairement à ce que l'on a longtemps cru, n'est pas d'origine « orientale » mais grecque11. Les initiés portaient chacun un grade bien précis : corbeau (corax), fiancé ou jeune marié (nymphus), soldat (miles), lion (leo), Perse (Perses), Héliodrome (Heliodromus) et Père (pater). Ces grades sont principalement attestés en Italie, notamment par de nombreuses inscriptions et par la mosaïque du sanctuaire de "Sette Sfere" à Ostie12, ainsi que grâce au témoignage de saint Jérôme13.

     

    sources : 

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Mithra

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Mitra_(mythologie)


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