• LE CADUCÉE

    Origine du caducée

    Le caducée est une sorte de sceptre qui atteste de la fonction de celui qui le porte. Apollon, Hermès, Esculape, qui était le véritable propriétaire du caducée dans la mythologie ? Cet « insigne du héraut », attribut de Hermès-Mercure, constitué par une baguette autour de laquelle s'enlacent deux serpents ailés symbolise le commerce. Selon l'Encyclopédie de Diderot et le Littré, le caducée est l'attribut de Mercure et c'est l'opinion que partagent les auteurs qui ont étudié le sujet. Certains revendiquent cette même dénomination au bâton serpentaire d'Esculape voire à la coupe d'Hygie enlacée par le serpent.

    Le caducée pharmaceutique représente un serpent qui s'enroule, se redresse et renverse sa tête vers le bord d'une coupe. La coupe est celle dans laquelle Hygie, fille d'Esculape et déesse de la santé, donnait à boire au serpent du temple d'Epidaure. C'est vers le IXème siècle avant Jésus-Christ que s'établit en Grèce le culte d'Asklepios, dieu de la médecine représenté avec un bâton autour duquel s'enroule un serpent. Le serpent serait lié à l'art de guérir, à la fécondité et à la vie. Le bâton représenterait l'axe du monde, l'arbre de vie ou une arme magique. Le bâton d'Esculape aurait été utilisé pour la première fois comme emblème de la Médecine au VIème siècle.

    Le serpent d'Epidaure enlaçant une coupe apparaîtrait, dès 1222, chez les apothicaires de Padoue comme symbole distinctif de la pharmacie, figurant comme motif principal de leur bannière. Il apparaît en France en 1820, à côté de la tête d'Hygie sur un jeton gravé par Barre pour la Société de Pharmacie de Paris, devenue depuis le décret du 5 septembre 1946, l'Académie de Pharmacie. L'usage de ce symbole n'était pas très répandu en France, lorsqu'en 1942 le Conseil Supérieur de la Pharmacie, à la demande du Secrétariat d'Etat à la Santé, le choisit comme emblème de la pharmacie française. Le modèle proposé par la Maison Draeger fut adopté, le seul dont les pharmaciens soient autorisés à se servir officiellement et publiquement, -qu'il s'agisse d'enseignes, lumineuses ou non, d'affiches, d'appositions sur papier de commerce ou de toutes autres signalisations d'ordre professionnel- selon le Bulletin de la pharmacie française de 1942.

    Le caducée n'est plus utilisé pour la signalisation des officines il a été remplacé par les croix vertes qui prennent parfois des couleurs et des formes qui n'ont plus rien à voir avec la croix grecque.

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    Origine de la croix verte

    La croix verte, enseigne des officines françaises s'est progressivement substituée à la croix rouge sur fond blanc ou blanche sur fond rouge après l'adoption de la croix rouge comme emblème de l'Organisation Internationale de la Croix-Rouge ratifiée par la Convention de Genève en 1864. A cette époque de nombreux fabricants de produits pharmaceutiques ajoutent la croix rouge à leur marque de fabrique et certains pharmaciens l'adoptent comme enseigne lumineuse jusqu'à 1913 date à laquelle la loi en interdira l'usage. A la fin des années 1950, il existait encore des croix rouges éclairées au néon malgré les prescriptions légales et la création de l'emblème officiel de la pharmacie. Leur suppression et le passage du rouge au vert soulevèrent quelques difficultés : afin de respecter la loi les pharmaciens de Toulouse transformèrent leurs enseignes mais ils furent poursuivis par un de leurs confrères qui avait déposé comme raison sociale « A la Croix verte » complétée d'une enseigne de la même couleur. Le tribunal de Toulouse lui donna raison ainsi que le droit exclusif d'utiliser cette enseigne.

    Cette croix connue comme symbole du secours et de la protection militaire et civile a une origine héraldique. Croix grecque dont les quatre branches sont égales, elle est devenue au cours du temps symbole du christianisme et doit sa diffusion aux croisés qui l'avaient adoptée comme emblème. Les premiers croisés portaient une croix grecque d'étoffe rouge cousue sur leur vêtement. En 1188 au départ de la troisième croisade, la nécessité se fit sentir de différencier les contingents et chaque pays eut une couleur attribuée : la croix verte était réservée aux Flamands, la blanche aux Anglais et la rouge aux Français. Mais pourquoi la croix de la pharmacie est-elle verte ? Est-ce à cause du règlement du 30 Floréal an IV qui attribua aux pharmaciens militaires des collets de velours vert : le vert fut choisit comme caractère distinctif du rouge attribué aux chirurgiens militaires puis en 1852 au corps unifié des médecins et chirurgiens. Existe-t-il un lien entre la couleur des collets des pharmaciens militaires et l'enseigne des officines ? Ou bien est-ce tout simplement parce que la couleur verte était représentative d'une profession qui utilisait les ressources du règne végétal pour la préparation de ces remèdes ?

     

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    Le caducée et la croix verte, sont les deux seuls emblèmes réservés aux pharmaciens dont l'usage est admis aux fins d'enseigne ou autres modes d'identification. Le caducée a été déposé en tant que marque collective en 1968 par le Conseil National de l'Ordre des Pharmaciens, la croix verte en 1984.

    Le dépôt est l'objet d'un enregistrement par l'Institut National de la Propriété Industrielle : c'est le dépôt comme marque collective qui autorise l'utilisation de ces emblèmes aux seuls pharmaciens. L'usage d'une marque collective n'est pas imposé, elle est réservée ou souhaitée par l'ensemble de la profession qui en partage la propriété.

     

    source : http://petitcoeurdu10.centerblog.net/rub-symboles-.html


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    Le symbolisme du Lotus

    Le lotus est une fleur mais il est bien plus que cela. On le retrouve dans toutes les traditions orientales comme étant l’expression du sacré et du spirituel. Partons à sa découverte.

    On voit souvent les divinités hindoues ou les diverses formes de Bouddha sur des fleurs de lotus épanouies

    On voit souvent les divinités hindoues ou les diverses formes de Bouddha sur des fleurs de lotus épanouies

    On voit souvent les divinités hindoues ou les diverses formes de Bouddha sur des fleurs de lotus épanouies. Qu’est-ce que cela peut bien signifier ? Cette fleur qui s’ouvre le matin aux premiers rayons du Soleil et se ferme le soir, participe du mystère de la création dans sa respiration journalière. Elle fut très riche en significations en Orient, mais on la trouve également en Egypte et transformée en lys des eaux ou nénuphar, elle deviendra également un symbole de pureté en Occident.

    De la création du monde à la sagesse et à la pureté

    Dans l’iconographie de l’hindouisme et par la suite du bouddhisme qui le transmet à travers la Chine, le Japon, le Tibet et tout l’Extrême Orient, nous verrons de merveilleuses représentations de lotus à riches significations.

    Dans la tradition hindoue, la création du monde est associée au Lotus : « C’est du Padma-Yoni— « le sein du lotus » — de l’Espace absolu ou de l’Univers, hors du temps et de l’espace, qu’émane le cosmos conditionné et limité par le temps et l’espace. L’Hiranya Garbha, « l’œuf » (ou la matrice) d’or, d’où surgit Brahmâ est nommé souvent le Lotus céleste. Le dieu Vishnou, la synthèse du Trimurtiou la trinité hindoue, flotte, assoupi, pendant les « nuits de Brahmâ », sur les eaux primordiales, étendu sur une fleur de lotus (1).

    Les bouddhistes célèbrent la fête de Wesak, lors de la pleine lune de mai. Elle est associée à l’épanouissement du Lotus blanc, symbole de la plus haute sagesse et pureté. La tradition dit que ce jour-là, des Êtres spirituels qui veillent sur l’évolution de l’humanité se penchent sur les Instructeurs les plus sages de l’humanité pour demander si l’humanité est prête à se libérer de l’ignorance, de la peur, de la haine et de l’égoïsme. Face à la réponse négative, ils donnent à l’humanité une année de plus pour continuer sa purification et sa montée vers la sagesse.
    C’est aussi autour de la pleine lune de mai ou du 8 mai que l’on célèbre la naissance, l’illumination et l’extinction du Bouddha Sakyamuni, le Bouddha historique dont la vie synthétise toutes les étapes de l’évolution de la conscience humaine depuis l’ignorance jusqu’à la libération ou passage dans le Nirvana, auquel il renonce pour continuer à aider tous les êtres à atteindre la libération.

    Le double pouvoir créateur dans la nature

    La floraison du lotus représente l'être complètement accompli.

    La floraison du lotus représente l’être complètement accompli.

    « En Inde, Padma, le nénuphar, est une des images qui symbolise le Double pouvoir créateur dans la nature (la matière et la force sur le plan matériel). Le Lotus est le produit de la chaleur (le feu) et de l’eau (la vapeur ou l’Éther) ; le feu représente dans tous les systèmes philosophiques et religieux l’Esprit de la Déité, le principe générateur actif, mâle ; et l’Éther, ou l’Âme de la matière, la lumière du feu, est le principe féminin passif, d’où tout a émané dans cet Univers. Ainsi, l’Éther ou l’Eau est la Mère, et le Feu est le Père. Sir W. Jones (et avant lui la botanique primitive) a montré que les graines du Lotus contiennent – avant même leur germination – les feuilles parfaitement formées, la forme miniature de ce qui deviendra un jour, des plantes parfaites : la nature nous donne ainsi un spécimen de la préformation de sa production […]. Le Lotus, ou Padma, est un symbole très ancien et une illustration imagée du Cosmos et de l’homme. Parmi les raisons courantes qui en sont données il y a, en premier, l’idée qui vient d’être mentionnée que la graine du Lotus contient en elle-même, la miniature parfaite de la plante future, ce qui symbolise le fait que les prototypes spirituels de toutes choses existent dans le monde immatériel avant de se matérialiser sur Terre ; deuxièmement, le fait que la plante du Lotus croît dans l’eau, ayant ses racines dans l’ilus, ou la vase, et épanouit sa fleur dans l’air, au-dessus de l’eau. Le Lotus symbolise ainsi la vie de l’homme et également celle du Cosmos ; car la Doctrine Secrète(2) enseigne que tous deux sont faits des mêmes éléments, et que tous deux ont une même ligne de développement. La racine du Lotus qui plonge dans la vase représente la vie matérielle ; la tige qui remonte dans l’eau caractérise l’existence dans le monde astral, (psychique) et la fleur, qui flotte sur l’eau et s’ouvre vers le ciel, symbolise l’état spirituel » (3).

    La floraison du lotus dépeint l’être qui a quitté les profondeurs des eaux obscures pour la pleine clarté de la lumière du jour, l’être totalement accompli. Le Bouddha est souvent représenté assis au centre d’un lotus à huit pétales.

    Le calice de la fleur représente le réceptacle contenant tout à l’état indifférencié et où se déverse le Principe immuable. Les pétales de la fleur expriment l’épanouissement de la manifestation de toute chose et de tout être selon les huit directions cardinales et intermédiaires symbolisées par les (huit) rayons de la roue cosmique ou les (huit) directions de la rose des vents. Cette représentation évoque aussi celles de la rose et du lys, deux symboles apparentés au lotus en Occident.

    Se mouvoir du centre immobile vers la périphérie de la roue en mouvement signifie se manifester au monde. Inversement, revenir de la périphérie agitée au centre fixe et non manifesté témoigne du retour vers l’état premier de l’être, l’état primordial, l’unité du monde.

    Les diverses traditions ne font qu’illustrer ce sens symbolique sous des formes variées.

    (1)H.P. Blavatsky, La légende du Lotus bleu
    (2) H.P. Blavatsky, Doctrine secrèteen 6 volumes, Éditions Adyar
    (3) H.P. Blavatsky, The Secret Doctrine, vol. I, pp. 57-8, édition originale anglaise
    Par Laura WINCKLER

    source : http://www.revue-acropolis.fr/le-symbolisme-du-lotus/


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  • Symbolique du nœud...et "arbre à cordes"

    Dans le rêve 27 apparaissent des "cordes nouées" (à leur extrémité) qui pendent à un arbre...
    J'aimerais revenir sur cette image qui me paraît très "riche". Et en particulier sur la symbolique des noeuds, car celle de la " corde" a déjà été abordée dans un article précédent.
     
     
    Voilà ce qu'en dit le "Dictionnaire des symboles" de Chevalier-Gheerbrant :
     
    "La corde relève, de façon générale, de la symbolique de l'ascension,
    comme l'arbre, l’échelle, le fil d'araignée.
    La corde représente le moyen, aussi bien que le désir, de l'ascension.
    Nouée, elle symbolise toute forme de lien
    et possède des vertus secrètes ou magiques."
     
    Et aussi : 
    "Dans les hiéroglyphes égyptiens,
    la corde nouée désigne le nom d'un homme
    ou l'existence distincte de l'individu :
    c'est le symbole d'un courant de vie réfléchi sur lui-même
    et se constituant en tant que "personne".
    (Les cartouches égyptiens sont toujours
    "fermés" par...un noeud.)
     
       
      
     A l'article "noeud", on trouve :
    "Les significations du noeud sont fort diverses,
    mais on retiendra surtout la notion de fixation dans un état déterminé,
    de condensation ou, en terminologie bouddhique, d'agrégat
    On parle de "noeud de l'action", de dénouement, de "noeud vital".
     
    Le défaire correspond, soit à la crise ou à la mort,
    soit à la solution et à la délivrance.
    Ce qui fait apparaître aussitôt l'ambivalence du symbole,
    car le noeud est contrainte, complication, complexe, entortillement.
    Mais les noeuds sont, par la corde, reliés à leur Principe."
     
     
    Je trouve vraiment intéressante l'idée que le fait d'être un "individu"
    soit comparé, chez les égyptiens, à un "noeud sur une corde"...
    (Jung parlait d'ailleurs de "complexe du Moi",
    il disait que le Moi conscient était un "complexe"),
     et cela m'a amené à voir le rêve de Patricia sous un nouveau jour.
     
    La personne, l'individu serait donc une sorte d'"agrégat psychologique",
    qui paraît exister par lui-même, mais qui, en fait,
    est toujours "au bout de la corde", donc toujours "relié".
    Relié à quoi ?
    A un Principe invisible..."en haut" ...au Ciel...
    ou à une branche de "l'arbre" ...

    Ainsi, on pourrait imaginer que les différents "individus"
    sont en fait tous reliés à  un "même arbre" (*)
    (Arbre du Monde ? Arbre de Vie ?
    ou "Arbre sacré", "Arbre des âmes"
    du genre de celui qu'on trouve dans le film "Avatar" ? )...
    mais, qu'habituellement, ils ne perçoivent pas ce "lien"
    (tout comme dans le rêve, on ne perçoit pas
    la façon dont chaque corde est "attachée", on l'imagine seulement).
     
    Et il y aurait dans ce rêve comme une invitation à "remonter" le fil...
    à "retrouver" ce lien avec ce qui est en haut,
    avec l' "origine céleste cachée"... ( le Soi ? la "Source" ?)
    et en même temps, avec l'unité fondamentale des êtres.

    L'"être individuel" serait comme une émanation temporaire,
    comme une "descente sur terre" ou "vers la terre" du Soi divin...
    et il serait sans cesse "relié" , en "relation" avec lui, 
    Chaque être serait , en permanence, "rattaché à l'infini"...
     
    Finalement, au lieu d'essayer de "réaliser l'ascension "
    il s'agit peut-être d'inverser notre point de vue sur ce que nous sommes, 
    et de comprendre que , comme le disait Pierre Teilhard de Chardin :
    « Nous ne sommes pas des êtres humains vivant une expérience spirituelle,
    nous sommes des êtres spirituels vivant une expérience humaine. »
     
    Il s'agit moins "d'accéder au spirituel" par nos propres efforts d'élévation, 
    que de réaliser que nous sommes déjà des êtres spirituels,
    et que nous sommes déjà reliés entre nous et au divin...
    et qu'il suffit peut-être juste de redécouvrir ce "lien" oublié...
     
    Chaque corde est plus ou moins longue,
    il y  en a de toutes sortes, de toutes "dimensions"
    comme il existe toutes sortes d'individualités et de destins différents,
    tous reliés au même "Principe de vie".
     
    Et comme dans un instrument de musique (merci Amezeg !),
    chaque corde, de longueur différente, émettrait sa "note" particulière...

    De plus, chaque corde est  blanche ...
    ce qui fait penser à la "corde d'argent"
    dont on dit qu'elle relie le corps et l'âme durant la vie.
    Lors de la mort, la corde se rompt et l'âme s'élève, à nouveau libre...
    C'est le "dénouement", le moment où le "noeud vital" se défait
    et où l'âme se "détache" et retourne à la liberté .
     
    On retrouve dans plusieurs traditions spirituelles,
    cette notion de "défaire le noeud"...
    Il existe par exemple, chez les catholiques, une prière
    (qui résout les difficultés)
    et dans les Upanishad, "défaire le noeud",
    c'est atteindre à l'immortalité".
     
    On pense aussi au "noeud d'Isis" ,
    signe de vie, d'immortalité ...
    mais évoquant aussi les "liens"
    qui attachent l'être à la vie mortelle et terrestre.

     
     
    Marie, Isis...Eywa :
    ce sont elles, les "déesses"
    qui, tout comme les Parques,
    s'occupent du "fil du destin"...
    de la Vie et de la Mort.
          Et ce sont elles qui sont responsables
    de la grande "toile" de la vie.

     
    A l'appui de cette interprétation, jusque-là assez personnelle...
    et un peu hasardeuse,
    j'ai trouvé ce texte de René Guénon (**) 
     (traitant de  la symbolique des liens) :
     
    "Dans un article récent , M. Mircea Eliade a parlé de l’« ambivalence » du symbolisme des liens et des noeuds, et c’est là un point qui mérite d’être examiné avec quelque attention ;
    on peut naturellement y voir un cas particulier du double sens qui est très généralement inhérent aux symboles, mais encore faut-il se rendre compte de ce qui en justifie l’existence en ce qui concerne plus précisément ceux dont il s’agit ici.
    Tout d’abord, il y a lieu de remarquer à cet égard qu’un lien peut être conçu comme ce qui enchaîne ou comme ce qui unit, et, même dans le langage ordinaire, le mot a également ces deux significations ; il y correspond, dans le symbolisme des liens, deux points de vue qu’on pourrait dire inverses l’un de l’autre, et, si le plus immédiatement apparent de ces deux points de vue est celui qui fait du lien une entrave, c’est qu’il est en somme celui de l’être manifesté comme tel, en tant qu’il se regarde comme « attaché » à certaines conditions spéciales d’existence et comme enfermé par elles dans les limites de son état contingent.
     
    A ce même point de vue, le sens du noeud est comme un renforcement de celui du lien en général, puisque, comme nous le disions plus haut, le noeud représente plus proprement ce qui fixe l’être dans un état déterminé ; et la portion du lien par laquelle il est formé est, pourrait-on dire, tout ce que peut en voir cet être tant qu’il est incapable de sortir des bornes de cet état, la connexion que ce même lien établit avec les autres états lui échappant alors nécessairement.
     
    L’autre point de vue peut être qualifié de véritablement universel, car il est celui qui embrasse la totalité des états, et il suffit, pour le comprendre de se reporter à la notion du sûtrâtmâ : le lien, envisagé alors dans toute son extension , est ce qui les unit, non seulement entre eux, mais aussi, redisons-le encore, à leur Principe même de sorte que, bien loin d’être encore une entrave, il devient au contraire le moyen par lequel l’être peut rejoindre effectivement son Principe et la voie même qui le conduit à ce but.
     
    Dans ce cas, le fil ou la corde a une valeur proprement « axiale » et l’ascension à une corde tendue verticalement peut, tout comme l’ascension à un arbre ou à un mât, représenter le processus de retour au Principe.
     
    D’autre part, la connexion avec le Principe par le sûtrâtmâ est illustrée d’une façon particulièrement frappante par le jeu des marionnettes : une marionnette représente ici un être individuel, et l’opérateur qui la fait mouvoir au moyen d’un fil est le « Soi » ; sans ce fil, la marionnette demeurerait inerte, de même que, sans le sûtrâtmâ toute existence ne serait qu’un pur néant, et, suivant une formule extrême-orientale, « tous les êtres seraient vides »."

     
    Qu'en pensez-vous ?
    Est-ce que cette "autre interprétation" suscite un écho en vous ?
     
    La Licorne
     
    (*) On peut aussi penser à "l'arbre généalogique" qui est l'expression des "liens" qui unissent les personnes d'une même famille. L'arbre du rêve peut être "l'arbre des ancêtres" ou celui...de toute l'humanité.
    Ce n'est pas par hasard qu'on parle de "fil" iation...
    Les liens généalogiques sont, comme les autres, "ambivalents"...ils "unissent" et, en même temps, "enchaînent"...
     
    (**) Je ne sais pas pourquoi, mais pour "monter dans l'arbre", c'est le nom de cet auteur qui m'est venu... :o)
     
     
    A l'instant où tu es venu au monde, une échelle est devant toi.
    Cette ascension n'est pas celle d'un homme vers la lune
    mais celle de la canne à sucre jusqu'au sucre.
    Rûmi
     

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