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    Une petite légende amérindienne

    Publié par Association Aèdes

     

    Une petite légende amérindienne

    «Un jeune garçon d'une petitesse extraordinaire habitait avec sa sœur une hutte, qui se trouvait située sur les bords d'un lac magnifique.

    Ce jeune garçon avait beau prendre des années, il ne grandissait pas; seulement sa petite stature cachait une âme fort résolue. Un jour d'hiver, il pria sa sœur de lui faire une balle pour aller jouer sur la glace du lac. En lui donnant sa balle, sa sœur lui recommanda de prendre garde de s'aventurer trop loin.

    Mais le garçon ne fit que rire de cette recommandation et partit joyeux, en lançant sa balle devant lui et courant presque aussi vite qu'elle pour la rattraper. Enfin la balle roula fort loin sur le lac et il crut distinguer confusément quatre grands endroits noirs sur la glace.»

     

    Une petite légende amérindienne

    « En avançant, il fut tout surpris de voir que ces points noirs étaient quatre pêcheurs qui étaient étendus tout de leur long sur la glace pour harponner du poisson. Ces pêcheurs étaient frères et se ressemblaient d'une manière extraordinaire.

    Un d'entre eux, levant la tête par hasard, fut frappé de la petitesse du jeune garçon qui s'avançait vers eux, et il dit à ses frères :

    « Tenez ! regardez donc ce petit nain ! »

    Les trois frères levèrent la tète un instant, puis reprirent leur pêche.

    L'enfant, apercevant ces quatre figures semblables, se prit à dire : « Quatre corps pour la même tête ! Mais ces grands personnages s'imaginent, sans doute, qu'ils n'ont pas besoin de faire attention à moi, je suis si petit ! je leur ferai voir qu'il ne faut pas me traiter si légèrement ! »

    Les quatre frères s'étaient recouvert la tête pour se remettre à pêcher dans le lac. Le garçon, jetant les yeux autour de lui, remarqua une belle truite qui était au milieu d'eux. Il se glissa près du poisson, le saisit doucement par les ouïes et, jetant sa balle devant lui, il partit de toute la vitesse de ses petites jambes.

    Les pêcheurs, entendant un bruit de pas sur la glace, relevèrent la tête tous les quatre en même temps et virent leur belle truite qui semblait s'enfuir d'elle-même ; le jeune garçon était si petit qu'il disparaissait auprès du gros poisson.

    « Voyez donc comme notre truite fuit de toute sa force vers la terre ferme ! » s'écrièrent-ils; et se mettant debout pour mieux contempler cet étrange spectacle, ils remarquèrent, par-dessus la tête de la truite, le petit garçon qui l'emportait avec lui. »

     

    Une petite légende amérindienne

    « Quand ce dernier fut rentré dans sa hutte, il dit à sa sœur d'aller chercher le poisson qu'il avait rapporté et laissé dehors, près de la porte.

    « J'espère que vous ne l'avez pas volé? demanda la jeune fille.

    « Oh ! répondit le garçon, il sort de notre lac, et j'entends avoir le droit de réclamer tout le poisson péché dans notre lac.

    La truite était si belle que la jeune fille avait sa charge de la porter ; quand elle fut cuite, la chair en était si délicieuse que la jeune sœur n'adressa plus de questions à son frère.

    Le lendemain matin le petit garçon sortit comme la veille.

    Il fit mille folies avec sa balle, qu'il lança en l'air en avant, en arrière, pour courir après. Et la balle sautait, bondissait et traversait l'espace, comme si elle se fût amusée pour son propre compte. Quand il ne fut plus qu'à quelque distance des quatre robustes frères, qui péchaient tous les jours

    à la même place, il lança sa balle avec force dans un trou que les pêcheurs avaient pratiqué dans la glace. Du bord du lac, où il était resté, le petit garçon leur cria :

    « Renvoyez moi ma balle, je vous prie !

    « Non, répondirent les pêcheurs, dont un sourire moqueur contracta les quatre figures en même temps, nous nous en garderions bien; et avec

    leurs instruments de pêche, ils enfoncèrent la balle de plus belle sous la glace.

    « C'est bon, dit le garçon, nous verrons ! »

    En disant ces mots, il se précipita sur les frères, et du même coup les jeta tous les quatre dans l'eau; sa balle revint alors à la surface, il s'empressa de la rattraper et reprit son jeu interrompu. Comme il allait aussi vite que sa balle, il fut bientôt de retour .

    Les quatre frères sortirent du lac ruisselants d'eau, furieux et proférant d'une commune voix de terribles menaces de vengeance pour le lendemain, car ils connaissaient la légèreté du garçon, et savaient bien qu'ils ne pourraient jamais le rattraper. »

     

    « Le lendemain donc de grand matin, les quatre frères s'apprêtaient à partir', quand leur vieille mère, qui vivait avec eux, les engagea à renoncer à leurs projets de vengeance.

    « Ne feriez-vous pas mieux, leur disait-elle, maintenant que vos vêtements sont secs, d'oublier votre chute, que de risquer de vous faire casser la tête à tous les quatre, ce qui pourrait bien vous arriver, car cet enfant doit être un « esprit », car il ne pourrait pas faire ce qu'il a fait. »

     

    Une petite légende amérindienne

    « Mais les pêcheurs ne voulurent pas se rendre aux sages avis de leur mère, et poussant leur cri de guerre qui fit dresser d'effroi les plumes des petits oiseaux, les quatre frères partirent pour la hutte du « nain ».

    Celui-ci distingua de très-loin leurs voix menaçantes mais il ne s'en inquiéta pas. Sa sœur n'avait encore rien entendu, quand elle crut reconnaître le bruit de la neige craquant sous les pas de quelqu'un qui s'avancerait rapidement. Elle sortit pour regarder, et voyant quatre hommes robustes qui se dirigeaient en droite ligne sur leur cabane, elle eut grand' peur et s'écria en rentrant bien vite.

    Le garçon lui dit : « Pourquoi vous effrayer ainsi ? Donnez-moi mon déjeuner. »

    « Comment pouvez-vous songer à manger dans un pareil moment ? » répliqua la jeune fille. 

    « Faites ce que je vous dis, et dépêchez-vous. »

    Elle servit alors le déjeuner, et le petit garçon se mit à manger tranquillement.

    Les quatre frères arrivaient alors à la porte de la hutte.

    « Voyez, cria sa sœur, cet homme a quatre têtes !»

    Les frères allaient lever le rideau qui fermait la cabane, quand le garçon tournant sens dessus dessous le plat dans lequel il mangeait, la porte se trouva fermée par une énorme pierre, sur laquelle les quatre frères se mirent à frapper avec fureur jusqu'à ce qu'ils eussent réussi à faire un petit trou. Un des frères appliqua son oeil à cette ouverture et regarda le garçon d'un air terrible. Ce dernier, une fois la porte fermée, s'était remis tranquillement à déjeuner ; il prit son arc et une flèche, et lâcha la corde. Le trait atteignit l'homme à la tète, il tomba mort. Le garçon dit seulement:

    «Numéro un," et il continua son repas. L'instant d'après, un autre pêcheur se présenta devant l'ouverture de la porte comme avait déjà fait son frère; le garçon tendit son arc, mais sa sœur lui dit:

    « Que voulez-vous faire? vous avez déjà tué cet homme ! »

    Le garçon tira sa flèche et dit en voyant tomber l'homme «Numéro deux !» et il poursuivit son déjeuner. Le garçon dépêcha de la même manière les deux autres frères en disant "Numéro trois et numéro quatre. »

    Puis il sortit et remit les quatre frères debout sur leurs pieds, le premier tourné vers l'est, le second vers l'ouest, le troisième vers le midi, et le, quatrième vers le nord ; puis, leur donnant à chacun une légère impulsion, il les envoya errer dans le monde entier; et partout où l'on voit quatre hommes se ressemblant exactement, on peut dire que ce sont nos quatre frères qui voyagent par ordre du garçon. »

     

    Une petite légende amérindienne

    « Mais ce ne devait pas être le seul exploit de notre petit héros.

    Quand le printemps fut revenu, et que les eaux du lac commencèrent à étinceler au soleil, le garçon dit à sa sœur :

    " Faites-moi donc un arc et de nouvelles flèches. »

    Quand la sœur eut fini l'arc et les flèches, qui étaient tout petits, mais supérieurement faits, elle lui recommanda de ne point tirer dans le lac.

    " Elle s'imagine, se dit le garçon, que je ne vois pas dans l'eau plus loin qu'elle. Elle apprendra à me mieux connaître. »

    Et, lançant un de ces traits dans le lac, il entra hardiment dans l'eau jusqu'à ce qu'il fût arrivé au fond. »

     

    « La jeune fille courait le long de la rive en lui criant de revenir ; mais, au lieu de faire attention à elle, le garçon s'écria :

    « Monstres aux grandes nageoires rouges, accourez tous pour me dévorer. »

    Bien que sa sœur ne comprît pas à qui le garçon s'adressait, elle aussi s'écria :

    « N'écoutez pas, je vous en prie, cet enfant désobéissant!»

    Mais la voix de son frère était sans doute plus puissante que la sienne, car un poisson monstrueux s'approcha de lui soudain et l'engloutit dans sa gueule. Avant de disparaître, le garçon jeta un regard sur sa sœur qui se tordait les bras de désespoir, et lui cria de toute sa force : « Me-Zush-Ke-Zin-Ance. »

    La jeune fille cherchait en vain ce que son frère avait voulu dire, quand l'idée lui vint qu'il demandait un vieux mocassin. Elle courut à la hutte en prendre un qu'elle attacha à une corde dont l'autre bout était noué autour d'un arbre, et elle lança le mocassin dans l'eau.

    Le gros poisson dit au nain qui était dans ses entrailles :

    « Qu'est-ce qui flotte là bas ?

    « C'est quelque chose de délicieux, répondit l'enfant, dépêchez-vous de l'avaler. »

    Le poisson se dirigea vers le vieux mocassin et n'en fit qu'une bouchée.

    Le garçon, qui s'en réjouissait, ne dit mot jusqu'à ce que le poisson eût englouti la vieille chaussure ; alors, tirant peu à peu à lui la corde qui était attachée à l'arbre, il força le poisson à se diriger sur la côte.

    La jeune fille qui regardait toujours sur le lac, ouvrait de grands yeux en apercevant ce poisson monstrueux qui semblait venir droit à elle ; sa surprise fut plus grande encore quand une voix, qui semblait être celle du poisson, dit fort distinctement :

    « Hâtez vous de me délivrer de cette odieuse prison. »

    Elle reconnut la voix de son frère, auquel elle s'empressa d'obéir en faisant au flanc du poisson une grande ouverture par laquelle son frère put sortir. Il lui ordonna aussitôt de couper et de faire sécher la chair de l'énorme poisson, qui leur servirait de provisions de bouche pour toute la saison. »

     

     

     

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    « La jeune fille commençait bien à trouver que son frère n'était pas un enfant ordinaire, mais elle ne connaissait pas encore toute la puissance du petit garçon .

    Un soir ténébreux qu'ils étaient assis dans la hutte sans chandelle, la jeune fille dit :

    « Mon frère, il me semble extraordinaire que vous, qui pouvez faire tant de choses, ne soyez pas plus avancé que le coucou qui ne connaît pas d'autre lumière que celle de la lune, qui brille ou qui se cache suivant sa fantaisie? »

    « Mais cette lumière ne nous suffit-elle pas? » Repartit le garçon.

    « Sans doute elle suffirait, reprit sa sœur, si elle voulait venir dans notre hutte et ne pas séjourner dans les nuages. »

    « Hé bien ! ma sœur, nous aurons dorénavant notre lumière à nous ; » et se couchant sur une natte devant la porte, le garçon se mit à chanter :

    «Ver luisant, ver luisant, petit ver si brillant, éclaire-moi jusqu'à ma couche, et je chanterai pour toi ma plus jolie chanson ; prête-moi ta lumière qui flotte au-dessus de ma tête pour que je puisse me coucher gaiement ! »

    « Prête-moi ta lumière tandis que tu rampes sur le gazon, afin que je puisse gagner joyeusement ma couche ; viens à moi, ver luisant, viens gentille petite créature, et demain je préparerai un festin pour toi. »

    «Viens, petite lumière qui erres tandis que je chante; viens, toi le flambeau des fées, le roi de la nuit ; viens, et je ferai d'heureux songes, et je chanterai pour toi ma plus jolie chanson. "

    A mesure que le garçon chantait ainsi, les vers luisants arrivaient d'abord seuls, puis deux à deux, puis en quantité innombrable ; et ils envahirent la petite loge, qui se trouva bientôt illuminée d'autant de petites lumières brillantes qu'il y avait ce soir-là d'étoiles étincelantes à la voûte du ciel.

    Pendant ce temps, le frère et la sœur, assis en face l'un de l'autre, se regardaient avec affection et confiance ; et, à partir de ce moment, le plus léger nuage ne vint jamais troubler leur bonheur intérieur. »

     

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    source: http://aedes.over-blog.com/une-petite-legende-amerindienne.html  

     


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